6.5/10Le Diable des sept mers - 2ème partie

/ Critique - écrit par riffhifi, le 17/02/2009
Notre verdict : 6.5/10 - Pirate d’équerre haï (Ecrivez votre critique)

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Suite et fin de la chasse au trésor pirato-mort-vivante de Hermann et Yves H. Le père et le fils traitent d'une relation père-fils, peut-on vraiment croire à la coïncidence ?

Le lien de parenté existant entre le scénariste Yves H. et le dessinateur Hermann (le premier est le fils du second) était curieusement absent de la promotion du premier volet du Diable des sept mers. A la sortie du second tome, le sujet du diptyque se révèle : ne trouve-t-on pas au cœur du scénario une étonnante relation père-fils entre un baroudeur sans attaches et un jeune homme qui le trahit pour se faire remarquer ? Il n'y a peut-être aucun parallèle à tisser entre les deux, Un amateur d'humour basique, sans doute...
Un amateur d'humour basique, sans doute...
mais l'émergence d'une telle sous-intrigue dans une histoire de pirates qui ne s'y prêtait pas spécialement a de quoi faire réfléchir...

Pour ceux qui n'auraient pas lu le premier tome, il convient de préciser qu'il est ici question de Rob le Diable, qui n'a aucun rapport avec le légendaire Robert le Diable qui vécut peut-être aux environs de Rouen au XIIème siècle. Celui-ci s'appelle Robert Murdoch, et terrorise les sept mers (d'où le titre) par ses actes de piraterie et l'épaisseur de sa barbe. Ou plutôt terrorisait, car le bonhomme a péri exécuté dans le tome 1... Mais sait-on jamais, avec ces histoires de morts-vivants esquissées en toile de fond...

Laissant derrière lui la perspective d'un gros trésor, Murdoch permet l'émergence de multiples conflits : celui qui oppose l'autorité établie (Lord Kensington) aux pirates échevelés est plus vivace que jamais, mais celui qui oppose l'Iguane à son rejeton trop longtemps ignoré a quelque chose d'assez poignant. Comme si l'aventurier avait loupé le coche quelques années plus tôt, et semblait incapable désormais de voir son fils autrement que comme un simple confrère/rival. L'album n'en oublie pas pour autant d'être un joli livre d'images, établissant désormais une bonne partie de son ambiance sur l'aspect cadavérique des morts qui marchent. Par ma barbe noire !
Par ma barbe noire !
Malgré tout, on ne vire pas dans la glauquerie, même si le côté bon enfant de la première partie se teinte d'une certaine amertume.

A la croisée de multiples sources (Barbe-Noire et autres figures de la grande piraterie, le cinéma d'aventures hollywoodien, les légendes horrifiques sur les morts vivants), porté par un sous-thème sans doute assez personnel (Yves H. et Hermann se trimballent le projet depuis si longtemps qu'il semble impossible qu'ils ne l'aient pas imbibé de leurs vécus), Le Diable des sept mers n'est pas pour autant un double album renversant : les personnages sont trop nombreux et souvent trop effleurés pour apparaître réellement attachants, et la course au trésor se retrouve globalement diluée dans les sous-intrigues où les différentes factions en présence se tirent la bourre. Le résultat reste cependant aussi rafraîchissant que bien dessiné, et constitue une agréable anomalie dans le catalogue d'Aire Libre, souvent tourné vers des récits de natures plus intimistes.

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