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8.5/10Le diable par la queue

/ Critique - écrit par Maixent, le 26/02/2011
Notre verdict : 8.5/10 - Vixens endiablées (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

De l'érotisme exagéré pour des héroïnes toutes en chair. Un travail moderne maitrisé de bout en bout sans être laborieux. Une vraie partie de plaisir pendant tout le récit.

Les Agrionies sont une fête datant de la Grèce antique en l’honneur de Dionysos. Elles évoquaient le caractère cruel et féroce du Dieu et symbolisaient l’affranchissement aux lois et à la morale civilisée dans une mise en scène grotesque et bestiale. Cette fête est à relier aux Minyades, trois princesses de Béotie qui, refusant de participer à des bacchanales et de s’adonner au culte de Dionysos, furent frappées de folie jusqu’à démembrer le fils de l’une d’entre elles. L’orthographe de leurs noms diverge, mais elles sont connues sous le nom d’Alcatoë, Leucippe et Arsippé, soit le nom des héroïnes de Filobédo. En effet,
Les trois grâces en action
l’auteur se sert de ce mythe comme base de son scénario. Les trois sœurs sont ici transformées en nymphettes obsédées car trop timorées par le passé (refuser de se donner à Hermès et Dionysos, on peut dire qu’elles l’ont cherché), puis emprisonnées dans une dimension démoniaque de laquelle elles parviennent à s’échapper, passant alors de dimensions en dimensions au gré de miroirs rappelant celui d’Alice. Sur cette base, Filobédo a tous les prétextes nécessaires pour laisser libre cours à son imagination. Les changements de décor fréquents sont justifiés, la nymphomanie des demoiselles également et il n’y a plus qu’à suivre le déroulement du récit. Car même si on est d’emblée dans la fantaisie et que tout s’enchaîne sans vraiment de logique, on reste dans la cohérence narrative, du moment que les présupposés ont été acceptés.
L’une des originalités du  récit est de débuter ce premier tome comme si l’on
Les queues du diable
connaissait déjà les trois sœurs et que l’on prenait l’histoire en cours de route, ce qui plonge d’emblée le lecteur dans l’action. De même, le ton est très vite donné, une poitrine monstrueuse (et excitante), sautant aux yeux du lecteur dès la première page. Mais Filobédo sait se retenir et il faudra patienter jusqu’à la troisième page pour voir le premier fist fucking.
Affublées d’une queue, d’oreilles d’elfes, d’un petit nez mutin, de hanches larges, de fesses rebondies, d’une poitrine gonflée à l’hélium et d’orifices élastiques, les trois héroïnes passent leur temps à baiser et à se faire baiser, mais toujours avec un certain humour et une exagération hors norme. On verra donc des pratiques sexuelles rares comme le foot fucking, la pénétration nasale ou encore l’utilisation de la capote courgette qui donnent un côté burlesque à l’ensemble. De la même façon, Filobédo joue sur la taille des personnages. Dans la première partie, on verra un diable géant capable de faire une double pénétration à lui tout seul, tandis que dans la deuxième partie, nos trois grasses devront faire face à une tribu lilliputienne qui se délecte de leurs attributs encore plus énormes à leurs yeux. L’auteur joue aussi sur la prononciation des personnages qui participe de cet effet gaguesque.
Oups
En fait, il utilise avec talent tous les codes et toutes les possibilités de la bande dessinée pour servir son propos, ne s’enferrant pas dans de fausses contraintes.
Avec un décor soigné rappelant le faux documentaire, Forgotten Silver de Peter Jackson, Filobédo s’inscrit dans l’héroïco-fantaisiste-science-fictionneux. Proche d’auteurs de bande dessinée érotique tels que Corben ou Riverstone, il offre un récit riche qui s’inscrit dans univers maîtrisé. On sent que l’auteur a subi de nombreuses influences qu’il a su absorber pour créer un objet personnel et original. Car si Le diable par la queue n’est pas un ouvrage révolutionnaire, il n’en demeure pas moins un excellent album travaillé de bout en bout (Filobédo explique à la fin le processus de créations en ce qui concerne le dessin), que ce soit au niveau du rythme du scénario, du suspens ou de l’érotisme débridé et cartoonesque. Réussissant à combiner excitation et humour, Filobédo démarre ici une série prometteuse et hautement érotique, loin des clichés et  des codes du genre. Il y a un côté jouissif et jubilatoire qu’il parvient à transmettre tout naturellement au lecteur, le faisant pénétrer dans son univers comme s’il l’invitait à prendre un verre chez lui.

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