3.5/10Deux cons

/ Critique - écrit par iscarioth, le 24/11/2006
Notre verdict : 3.5/10 - C'est nuuuuuul (Ecrivez votre critique)

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Deux cons déçoit beaucoup. On s'attendait à plus qu'une pantalonnade sans ambition, se contentant d'enchaîner les chutes volontairement nulles.

Tronchet, l'homme qui n'a plus besoin de faire ses preuves. Le créateur des loosers les plus mythiques de la bande dessinée franco-belge : Raymond Calbuth et Jean-Claude Tergal. L'initiateur des tout aussi géniaux Houppeland et Damnés de la terre (Pauvres mais fiers !). Bref, une référence, qu'il ne paraît jamais flatteur de bombarder d'éloges. Cette image en tête, on devrait toujours se jeter sur chacune de ses nouvelles oeuvres avec un engouement égal. Eh bien non. Même les meilleurs sont capables du pire.

« C'est nuuuul ». Le genre de petites phrases que l'on prononce avec insistance et lassitude, le temps d'un soupir déçu. Voilà le triste effet produit par Deux cons, le dernier Tronchet. Un humour qui se veut désuet, mais qui s'enfonce si profond dans le ridicule volontaire qu'il ne parvient pas à susciter autre chose que de l'inconfort. Ce type d'humour a pourtant déjà fait ses preuves. Une chute minable, suivie d'un roulement de tambour bas de gamme, c'est toujours un bon moment. Et Tronchet a déjà, à de multiples reprises, fait la preuve de ses compétences en la matière (Les aventures de toi et moi). L'auteur sait créer des situations décalées, cruelles, caustiques, des personnages de très grande envergure comique. Mais ici, le récit s'enlise dans une lourdeur et une vulgarité (« Y'a un os dans ta bite ? ») palpables dès les premières pages. Les deux personnages principaux, Patacrèpe et Couillalère (reprise du titre d'une série publiée en 1998 chez Delcourt), sont deux andouilles qui échafaudent des théories farfelues sur la vie, les raviolis, les petites culottes et les raviolis. Les gags s'enchaînent et de nombreux clins d'oeil et phénomènes de rappel sont disséminés ça et là. Graphiquement, Deux cons se situe dans la droite lignée de l'évolution de Tronchet ces dernières années, avec une palette de couleur très nauséeuse, donnant dans des tons volontairement outranciers et un trait très épais. Alors que la plupart des bandes dessinées d'humour par séquence décomposent mathématiquement leurs gags en strips ou planches, Tronchet enchaîne les gags sans transition de contexte. Un gag peut commencer dernière case d'une page pour se terminer plus loin, au milieu du deuxième strip de la page suivante...


Deux cons
déçoit beaucoup. On s'attendait à plus qu'une pantalonnade sans ambition, se contentant d'enchaîner les chutes volontairement nulles. Les damnés de la terre nous soufflait pour sa dimension de critique sociale et sa cruauté absolue, Jean-Claude Tergal impressionnait par l'envergure du personnage-titre, champion mondial toute catégorie de la loose. L'album Deux cons, quant à lui, ne propose qu'un vague humour débilo-absurde, sans rien derrière.

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