5.5/10Destins - Tome 3 - Le piège africain

/ Critique - écrit par athanagor, le 16/02/2010
Notre verdict : 5.5/10 - ... dolorosa (Ecrivez votre critique)

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Seconde possibilité de destin pour Ellen, pour un album un peu moins heureux que les précédents, mais toujours sur un concept intéressant.

Repartant de la fin du tome 1, cet opus nous propose la version où Ellen décide de laisser Jane croupir en prison pour un crime qu'elle n'a pas commis. Bien sûr, ce n'est pas si simple que ça, sinon il ne suffirait que de 3 pages,
et cette branche de probabilité s'arrêterait-là.  Ellen reste une adulte ultra-responsable avec un cœur trop gros pour une seule personne. Elle va donc poursuivre, avec encore plus d'acharnement, ses missions humanitaires dans des pays africains où même les casques bleus ne vont plus en rêve. Forme d'expiation par l'abnégation, sa motivation consciente est de devenir suffisamment sainte pour compenser, par ses actions envers le monde, ce qu'elle ne peut se résoudre à faire pour une seule personne.  En poussant sa logique, elle imagine même que le bénéfice de ses actes sera suffisamment fort pour pouvoir intervenir, auréolée de sa gloire, en faveur de son ancienne camarde, pour lui éviter, au moins, de griller sur la chaise comme une dinde en filet.

Cette alternative nous emmène autre part, dans un autre possible (toujours bien sûr sous la supervision de Giroud). Il n'est donc que naturel que le dessin et le scénario soient assurés par d'autres auteurs. Pourtant ici, cette logique si séduisante est poussée un poil trop loin. Le scénario est bien assuré par le seul Pierre Christin, mais le dessin est partagé en deux, avec une séparation à la page 22, entre Yves  Lécossois et Luc Brahy. Il en va de même, et sur les même espaces, pour la couleur, entre Yves Lécossois (qui fait donc lui-même ses couleurs) et Sébastien Gérard. Fort heureusement, pris dans le déroulement de l'intrigue, et à la faveur d'un changement de continent, la démarcation a de bonnes chances de passer inaperçue. Mais c'était pourtant prendre le gros risque de faire passer le tout pour le gadget que l'on dénonçait
précédemment. Ceci dit, les auteurs ont réussi à trouver une alchimie suffisamment bonne pour que l'histoire reste le seul point d'attention du lecteur, le préservant ainsi d'une attention trop appuyée, et alors délétère, sur le changement d'illustration et de lumière.

On appréciera surtout dans ce tome, l'attachement qui est porté à l'état d'esprit d'Ellen et la sorte d'espoir un peu naïf qu'elle nourrit. Les termes en sont suffisamment bien présentés pour qu'on en arrive, par le biais de l'identification, à trouver sa solution bonne et à l'encourager en ce sens. On trouvera alors, dans son retour à la réalité, les nombreux moments qui initient et peuplent la solitude de l'être humain, quand il se rend compte qu'il ne sera jamais Mick Jagger et que « 9 heures c'est pas 9 heures 15, Berthier ! ». Ceci dit, et en dehors de ce point ô combien réussi, cet album ne trouve son véritable intérêt que dans son appartenance au système global. Détaché de l'ensemble, il n'aurait suscité que de faibles suffrages, et dans cette trilogie de départ, il ne convainc pas.

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