7.5/10Destins - Tome 2 - Le fils

/ Critique - écrit par athanagor, le 16/02/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Stabat mater... (Ecrivez votre critique)

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Première bifurcation des possibles pour Ellen en fonction de ses choix, par un tandem d'auteures inspirées sous l'égide de Frank Giroud.

Suivant le tome 1, et la logique d'ensemble de la série imaginée et dirigée par Frank Giroud, ce tome 2 nous propose la version où  Ellen fait le choix d'endosser complètement sa responsabilité, en allant se dénoncer, pour sauver J
ane dont l'alibi vient de faire plop. Cette décision fut difficile à prendre, car cela signifie qu'elle va devoir abandonner tout ce qu'elle a réussi à bâtir, en plus, bien sûr, de sa famille. Mais elle ne va pas foncer tête baissée. En tant que responsable de la communication d'une ONG mondialement connue, Ellen est une figure fédératrice. Et elle compte sur cette image pour démarrer et porter, à la faveur de sa nouvelle situation de captive de la justice américaine, une campagne contre la peine de mort. Campagne qui aura d'autant plus de chances de réussir que c'est elle et pas Jane, la pouffiasse siliconée, qui risque l'échafaud. Pourtant, et pour noble que soit son dessein, son avocat de mari, qui brigue un début de carrière au sein du parti travailliste, n'acceptera peut-être pas que sa femme, que la terre entière prend pour une sainte (atout non négligeable en politique), se retrouve mêlée à une histoire aussi sordide, toute prescriptible qu'elle devrait être.

Cette première suite, scénarisée par Virginie Greiner, nous propose la première  des alternatives, fonctions des choix d'Ellen, dans les tons, les attitudes et les couleurs si particulières de Daphné Collignon, qui nous enchantait déjà avec Correspondante de guerre.  Suivant un découpage simple et clair, les deux auteures s'entendent à fabriquer des ambiances et des tensions assez bien senties dans les premières pages, par l'utilisation de la couleur et du même désir scénaristique de provoquer l'empathie qui dominait le tome 1. Puis le récit retrouve un fil chronologique et réaliste, plus en phase avec la dure réalité du choix, renforcé par les couleurs très terriennes de Collignon. Le tout mène son lecteur à la baguette pour finir par le cueillir une première fois avec une révélation, puis une seconde, en terminant l'album
sur un nouveau choix proposé à l'héroïne. De là découleront à nouveau deux albums séparés, partant de ce moment et se retrouvant bien sagement, comme tous les autres, dans le tome 14, normalement baptisé Ellen.

Toujours sous la houlette de Frank Giroud, ce qui fait ici son petit effet, et qui ne se démentira pas dans le tome 3 (sorti rappelons-le en même temps que les deux premiers), c'est le véritable intérêt de faire appel à des dessinateurs et scénaristes différents. Loin de constituer un simple gadget solidaire, offrant aux copains du directeur du boulot pour quelque temps, le principe de division de la réalité, toujours articulée chronologiquement, justifie pleinement la divergence des points de vue et le recours à divers auteurs. Sous une autre forme, ceci n'aurait servi qu'à distraire, voire perdre un lecteur préoccupé par l'histoire qu'on nous raconte.  Mais dans la logique du concept, cette manière de procéder relève de la véritable intention. De ce fait, les albums qui séparément sont sympas mais sans réel plus, gagnent en tant que constituant de cet édifice quelque chose de plus appréciable, qui les dépasse individuellement.

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