9/10Y le dernier homme - 2002-2003 - No man's land

/ Critique - écrit par riffhifi, le 08/12/2008
Notre verdict : 9/10 - No country for men (Ecrivez votre critique)

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Les débuts passionnants d'une excellente saga. Le dernier homme promène son chromosome Y sur une Terre de femmes, à la recherche de la sienne. Une série pleine de surprises.

Il y a peu de temps, on vous rappelait que les deux premiers tomes de Y le dernier homme appartenaient encore au catalogue Semic, tandis que les autres étaient en cours de publication par Panini. Cette bizarrerie est désormais corrigée : Panini édite coup sur coup No man's land et Un petit coin de paradis, complétant ainsi la collection. L'occasion de se pencher sur les débuts détonants d'une saga atypique, qui n'a à voir ni avec le roman de Mary Shelley ni avec la théorie de Nietzsche...

En ce jour fatal de juillet 2002, tous les mâles de la Terre rendent l'âme au même moment. Il semblerait n'y avoir que deux exceptions à cette hécatombe : Yorick le chômeur, magicien amateur spécialisé dans les tours d'évasion, et son singe
capucin nommé Esperluette. Réalisant brutalement qu'il est devenu le dernier homme, Yorick part de Booklyn pour chercher sa sœur Héro (leur père était prof d'art dramatique) et surtout sa fiancée Beth, à qui il faisait sa demande en mariage par téléphone au moment où la tragédie s'est produite. Mais son statut unique fait de Yorick la cible potentielle de tous les excès ; il se trouve alors escorté de l'agent 355, une espionne de choc chargée de l'escorter jusqu'à la spécialiste du clonage appelée... docteur Mann. Une des innombrables astuces d'une bande dessinée qui joue constamment sur la dispersion de clins d'œil visuels ou narratifs : on ne compte plus les « Y » cachés ici et là dans le décor ou sur les couvertures.

Mais Y le dernier homme n'est pas seulement une série malicieuse, c'est aussi une histoire forte racontée avec un talent monstre : le premier numéro relate les vingt-neuf dernières minutes de l'espèce masculine de façon exemplaire, en présentant tous les personnages-clés de la saga à venir, et s'achève en cinq pages d'une brutalité saisissante. Après ce démarrage sur les chapeaux de roue, on suit les errements de Yorick et de son singe avec d'autant plus d'intérêt que ces tribulations haletantes sont pimentées d'un humour omniprésent, notamment grâce à la personnalité désinvolte et iconoclaste du héros. Sans faire de la série une farce qui se croirait au-dessus de son sujet, le ton adopté permet d'adopter une
certaine distance par rapport à la gravité de la situation racontée. Le dessin de Pia Guerra va lui aussi dans ce sens : il n'évite pas la violence des faits, mais conserve une sobriété permanente dans l'élégance de son trait, là où il eut été facile de sombrer dans le glauque décadent. Cependant, comme beaucoup de séries issues de la collection Vertigo de DC, Y le dernier homme est une lecture à ne pas mettre dans les mains les plus jeunes, traversée qu'elle est de visions sanglantes et de dialogues crus sans tabous. Mais pour ceux qui sont prêts à s'embarquer dans ce voyage au pays du comic book nouvelle génération, il n'y a rien à jeter dans un scénario qui cite les Who, EelsMiller's crossing et (plus étonnant !) le curieux nanar Six-string samurai...


Y : the last man #1 - Unmanned / No man's land 1/5
(septembre 2002)
Y : the last man #2 - Unmanned / No man's land 2/5 (octobre 2002)
Y : the last man #3 - Unmanned / No man's land 3/5 (novembre 2002)
Y : the last man #4 - Unmanned / No man's land 4/5 (décembre 2002)
Y : the last man #5 - Unmanned / No man's land 5/5 (janvier 2003)

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