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5/10Le Déclic - Tome 4

/ Critique - écrit par athanagor, le 09/12/2009
Notre verdict : 5/10 - Clic de fin (Ecrivez votre critique)

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Tâchant de donner de la profondeur à son propos, Manara s'y prend un peu tard et un peu mal, pour ce quatrième tome d'une série qui en compte définitivement trois de trop.

M. Christiani est un avocat dont la clientèle n'est pas toujours très propre. Sa nouvelle affaire concerne la défense d'un grand groupe, Globalchimie, accusé d'avoir utilisé de l'alcool méthylique à des fins alimentaires, faisant perdre la vue à certains consommateurs. Angelina est la fille d'une de ces victimes, Réédition du 28 octobre 2009
Réédition du 28 octobre 2009
le professeur Boralevi, et elle sait que Christiani est un bon avocat. Ainsi, malgré l'évidente culpabilité de Globalchimie, ils ont toutes les chances de passer au travers des mailles du filet judiciaire. Ce qu'il faudrait c'est un bon gros scandale bien vicieux qui puisse entacher la réputation de l'avocat. Si seulement sa femme, Claudia, pouvait être sujette à des pulsions sexuelles incontrôlées en public, le tour serait joué ! Mais comment faire ?

Manara revient en 2001 avec le personnage de Claudia, qui semble démarrer chaque nouvelle aventure comme si les précédentes n'avaient pas vraiment existé. Ainsi, et victime d'une sexualité qu'elle ne contrôle pas, elle est le véhicule des messages de Manara, ce qui donne à chaque épisode une valeur de conte. Le tome 1 dénonçant la bourgeoisie, le tome 2 le pouvoir de la télé, le 3 touchant à des considérations d'ordre religieux (quoique pas tout le temps) et celui-ci parlant de la politique, avec une identité toute italienne, où les puissants sont actifs en politique, possèdent les médias et une équipe de football. Ça vous rappelle quelque chose ?

Au delà de cet aspect particulier, ce tome se pose comme un regard sur d'autres sujets, tous en rapport avec le sexe (bien sûr). Tout d'abord son rapport à la morale. Angelina, qu'on peut voir comme l'héroïne de l'ouvrage, n'en finit pas de montrer ses fesses, de chauffer son cousin et de manifester qu'elle ne pense qu'à ça. Malgré cela, elle élabore des plans dont le seul but est l'accomplissement de la justice et l'accusation Pussy talk
Pussy talk
de Globalchimie, pour que son papounet aveugle soit vengé. En face d'elle, il y a les Christiani et leurs employeurs, considérés comme tout à fait présentables, notables et prudes qu'ils sont, mais qui, écrasant systématiquement les petites gens au nom du profit, n'apparaissent pas comme les plus louables. Ensuite vient le sexe comme arme. C'est grâce au contrôle de celui-ci, par le biais du boîtier qui n'en finit pas de disparaître et de réapparaître, que le combat est mené. Enfin, le sexe comme symbole de liberté. Angelina qui dispose librement et pleinement de sa sexualité, présente tous les attributs d'une indépendance intellectuelle et physique. Claudia Christiani, bourgeoise pudique et soumise, s'enferme quant à elle dans sa maison, et sa sexualité, qu'elle ne maîtrise absolument pas, ne sert qu'à la faire souffrir. Ce message est d'ailleurs assez clairement établi dans la récupération de la pauvre fille par un réseau de prostitution et par le fait que Maurine lui offre le boîtier en fin d'album, comme clé de sa liberté.

Bref, un album riche en message et en réflexion sur la sexualité, comme le permettent les ouvrages érotiques, de la même manière que la S.F. porte souvent à se questionner sur la science et l'avenir. Malheureusement pour Manara, et pour le lecteur, cet album souffre d'un double handicap qui empêche un réel enthousiasme :

- Premièrement, au bout du quatrième tome on finit par être un peu épuisé par les aventures rocambolesques de Claudia, d'autant que les tomes 2 Pussy walk
Pussy walk
et 3 n'offraient rien de très profond (on ne rit pas...). De plus, même si le personnage apparaît à chaque histoire comme renouvelé, on trouve ça et là des mentions aux titres précédents. On ne comprend alors plus très bien ni la logique, ni la chronologie de la série, et on se demande par exemple (car on s'en souvient bien), pourquoi le mari de Claudia embauchait Faust dans le tome 2. Sur les quatre tomes, aucune réponse à cette question, qui se perd comme tant d'autres dans l'à-peu-près narratif qui caractérise la série.

- Deuxièmement, l'histoire est assez mal écrite, et comme pour les tomes 2 et 3, les scènes s'enchaînent trop vite pour qu'on puisse les voir comme réalistes et utilisent des dialogues improbables pour pallier le manque de cohérence des situations. Ces deux handicaps se rejoignent finalement en un point final : on en a un peu marre de toutes ces approximations. On n'en finit plus de perdre son latin et, devant tant d'hésitations, même les représentations de Manara perdent de leur superbe et ne suscitent plus l'émoi, alors que c'était encore le cas sur les tomes précédents. Désormais, l'érotisme ennuie, jusqu'à plomber la louable intention de l'auteur de véhiculer, ici, un véritable message dans cette forêt de poils.

Sur la série, on ne retiendra donc que le tome 1, qui donnait naissance au concept et le gérait au mieux, et on tâchera d'oublier les trois albums suivants qui n'ont pas su le sublimer, ne retenant que la bourgeoise sexy et le boîtier.

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