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5/10Le Déclic - Tome 3

/ Critique - écrit par athanagor, le 06/10/2009
Notre verdict : 5/10 - La forêt n'a pas de culotte (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 1 réaction

Troisième volet du Déclic, une série érotique étonnamment culte refaisant surface dans un format colorisé.

Ce tome s'ouvre sur une action assez particulière. Dans ce qui semble être le bord du fleuve amazone, Anna Rita, jeune fille vêtue des frusques les plus moulantes Réédition du 2 septembre 2009
Réédition du 2 septembre 2009
est prise à parti par un certain Culorva et sa compagne Celo. La teneur des propos révèle qu'Anna Rita, une fois les fesses remplies d'une décoction d'herbes, a la capacité médiumnique de révéler la position de pépites d'or grosses comme des roubignoles d'éléphant. C'est son oncle, Advernon Vincente Sobrinho qui a le premier découvert cette particularité et qui a, maintenant qu'il est bien riche, vendu sa nièce à Culorva. Evidemment, celle-ci en a un peu (pardon) plein le cul et cherche à s'enfuir. C'est ainsi qu'elle croisera, dans un premier temps Claudia Christiani. Celle-ci est dans les parages pour faire un reportage sur le gourou d'une secte locale (souvenons-nous que depuis le tome 2, elle est journaliste), qui force ses ouailles à se masturber sans jamais jouir, pour utiliser l'énergie ainsi produite pour communiquer avec les aliens. Dans un second temps, Anna Rita va croiser Faust, qui, muni du maudit boîtier, est à la poursuite de Claudia. Avec un tout petit effort d'imagination, on devine aisément la suite.

Cet album, encore une fois construit sur l'étonnante capacité du boîtier à ressurgir alors qu'il se fait systématiquement balancer dans un gouffre sans fond à la fin du tome précédent, souffreGourou gorille
Gourou gorille
des mêmes défauts que son prédécesseur. Unité de temps bizarre et maltraitée ; personnages « jack-in-the-box » qui apparaissent comme par magie et semblent cruciaux pour l'intrigue, mais finissent par disparaître dans le méli-mélo érotique de l'ouvrage, comme autant d'avions dans le triangle des Bermudes ; cliffhangers prévisibles dont les résolutions se cachent toujours derrière un triangle de tissu.

Pourtant, contrairement au tome 2, et c'est ce qui sauve un peu cet album, on remarque la présence d'un fond qui dirige toute l'intrigue, même d'une façon chaotique. Ce fond, c'est la tentative de parallèle qui est faite entre le sacré et le sexuel. Ou plutôt entre le sexuel et la pensée magique qui a, à plus ou moins long terme, donné naissance aux divers principes philosophiques religieux.

Ce parallèle est posé, pour éviter de trop s'avancer, sur des situations païennes, des croyances qui poussent des bouseux à mettre du thé dans les fesses des jeunes filles pour s'enrichir, ou des illuminés à faire se masturber toute une colonie de scout pour faire marcher la radio. Toutes ces représentations sont exposées dans un cadre amazonien, propice à l'exposition de ces personnages à la marge, mais également lieu de vie de peuples primitifs, lointain écho de ce qu'était l'ensemble de l'espèce il y a quelques centaines de milliers d'années. Dans la moiteur des broussailles
Dans la moiteur des broussailles
Ne retrouve-t-on pas, sous ces latitudes, comme dans le bassin méditerranéen, des représentations de déesses aux seins protubérants et aux hanches larges comme des autoroutes, tranquillement assise aux côtés de divinités masculines munis de chibres télescopiques et exponentiels. Ne faut-il pas voir là un volonté de normaliser un acte considéré comme répugnant par beaucoup, alors même qu'il est le principe même des dogmes qui le rejette ? Peut-être. Mais au final, ce qu'on retient, même si le propos de Manara est de cette teneur, c'est l'exposition omniprésente d'un cul qu'on a du mal à voir comme explicatif ou revendicatif. Ses manifestations apparaissent le plus souvent comme une envie d'offrir au lecteur la satisfaction visuelle de fantasmes inavoués, et souvent peu défendables, comme le viol ou le détournement de mineur, en évitant toutefois la pédophilie, qu'effleurait pourtant le tome 1.

Malgré tout, dans l'abondance de stupre, on croit deviner la présence d'un fond, ce que ne s'autorisait pas le tome 2. Maladroit certes, et mal développé, grandement vampirisé par les représentations charnelles omniprésentes, mais un fond tout de même, ce qui incite un peu plus à la bienveillance.

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