6.5/10Dantès - Tome 3 - Le visage de la vengeance

/ Critique - écrit par riffhifi, le 14/09/2009
Notre verdict : 6.5/10 - Le trader de la vengeance va sonner ! (Ecrivez votre critique)

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La tension retombe un peu après un deuxième tome haletant, mais l'intrigue prépare le terrain pour un final impitoyable. L'heure de la vengeance va bientôt sonner pour le trader manipulé.

Nous sommes le 12 septembre 2001, au lendemain de la chute des Twin Towers : à Paris, un homme se jette d'un pont et s'en va retrouver ses ancêtres, Charlie Chaplin, Léon Zitrone et Sim (ah non, pas Sim, il était encore vivant en 2001). Il s'agit d'un flash forward, puisque l'essentiel de l'album se déroule en juin 2000, à peine un mois après les évènements esquissés dans les deux premiers tomes, qui eux-mêmes se focalisaient plutôt sur un passé situé à la fin des années 80. Vous ... dit-il face à une bouteille de bourgogne saligoté
... dit-il face à une bouteille de bourgogne saligoté
avez du mal à suivre ? On reprend dans l'ordre : en 1988, le jeune trader Alexandre se fait entourlouper par un quatuor de crevures qui se font un max de blé et l'envoient pourrir dans une geôle de Fresnes. Là-bas, il fait une rencontre qui va lui permettre de fomenter sa vengeance... Une fois sorti, il se fait ravaler la façade, prend le nom de Christopher Dantès, et appâte ses anciens "amis" en exhibant une immense fortune. De mai 2000 à septembre 2001, le règlement de comptes va prendre son temps.

La couverture, plus encore que les deux précédentes, donne dans l'imagerie de série B la plus débridée : le visage couvert de bandelettes (celles de la vengeance, donc) évoque un bon nombre de figures mystérieuses chères à la culture populaire : la momie, l'homme invisible, Darkman, ainsi que la plupart des vengeurs masqués en général. C'est bien de série B et de culture populaire qu'il est question ici, puisque Dantès est la libre transposition du Comte de Monte Cristo d'Alexandre Dumas, avec un Edmond Dantès moderne qui pourfend ses ennemis à coups de montages financiers et d'OPA sauvages. Les deux premiers épisodes avaient exploré le versant "XXème siècle" de l'histoire, avec son évocation habile de la fin des années 80 et sa montée de tension dans la partie consacrée à la peine de prison vécue par le héros. Ce troisième tome entame le deuxième cycle, consacré à la vengeance : surprise, il ne pèse plus que 46 pages Des personnages sur la défensive
Des personnages sur la défensive
là où les autres en affichaient 54 ; y aurait-il moins à dire sur la fureur du trader que sur sa chute forcée ? A vrai dire, la teneur de l'album semble aller dans le sens de cette hypothèse : le piège tendu par Alexander-Christopher ne se déploie qu'à la vitesse d'une tortue neurasthénique, et on n'assiste pour l'instant qu'aux quelques courbettes qu'il fait à ses ennemis pour se les mettre dans la poche. Faut-il supposer que le tome 4 sera fulgurant, ou que le cycle s'étendra sur plus de deux albums ?

La contrepartie de la lenteur dévolue à l'intrigue, c'est l'attention particulière portée aux personnages, qui sont tous scrutés ici avec soin, y compris le héros que l'on était en droit de trouver un peu trop anonyme jusqu'ici. Car après tout, décider de consacrer 100% de son temps à la vengeance est un choix qui dénote un caractère particulièrement obsessif, fut-il soutenu par deux complices tout aussi motivés...

S'il apparaît comme un léger coup de mou dans la saga, surtout en regard de sa couverture percutante, ce troisième tome ne laisse pas pour autant craindre une suite en dégringolade : on a vu les pièces du puzzle s'assembler avec assez de précision pour augurer un final assassin. Espérons qu'il sera à la hauteur...

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