7.5/10Dantès - Tome 2 - Six années en enfer

/ Critique - écrit par riffhifi, le 11/10/2008
Notre verdict : 7.5/10 - Tous les chemins mènent à Jérôme (Ecrivez votre critique)

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Un trader qui perd une fortune en fraudant, et dont on se demande dans quelle mesure il a pu agir seul, ça vous rappelle quelque chose ? Pourtant, Dantès n'est pas une série opportuniste puisque son premier tome date de septembre 2007 !

Lorsque le premier tome est sorti l'an dernier, on n'y voyait que la modernisation du roman d'Alexandre Dumas Le comte de Monte Cristo, où le héros se voyait remplacé par un trader des années 80. A la lumière de l'affaire Kerviel exposée au début de cette année, Dantès prend une saveur toute particulière. Coiffant largement au poteau les opportunismes tardifs (Le journal de Jérôme Kerviel), les auteurs ont eu un sacré coup de bol en lançant leur série, sauf à considérer bien sûr qu'ils avaient accès à des informations privilégiées... qui leur auraient permis de jouer les Cassandre quelques mois à l'avance !

A la suite du complot décrit dans le tome précédent, Alexandre se retrouve accusé de fraude lourde et de meurtre ; accablé de faux témoignages au procès, il se
retrouve bien vite en taule avec la perspective d'y regarder blanchir les poils de ses... bras... Mais la vengeance est un plat qu'il vaut mieux battre avant qu'il soit complètement froid. Enfin vous voyez quoi.

Si ce deuxième volet fonctionne encore mieux que le précédent, ce n'est pas seulement grâce à l'actualité récente évoquée plus haut, bien qu'on soupçonne évidemment quelques ajustements dans les dialogues (notamment au procès) pour accentuer de façon plus frappante les similitudes entre la fiction et la réalité. L'action est surtout plus dense, plus riche, et se concentre sur le sentiment d'injustice qui pèse sur Alexandre. Son séjour en prison est montré sans s'attarder sur les clichés habituels (merci de nous épargner les histoires de savon sous la douche), et reflète habilement l'oppression du temps qui passe sans verser dans la lourdeur. On apprécie notamment la mise en page de la planche 9 qui accable le personnage en l'enfermant dans un réseau de cases minuscules, puis la pousse classique mais efficace d'une barbe qui lui va bien ; on note à ce sujet que la couverture est quasiment une reprise « barbue » d'une case de la planche en question, un moyen habile de signifier l'immobilisme du personnage sur une longue période de temps. On aurait pu se passer de l'évocation trop directe du roman de Dumas, mais la relation entre Alexandre et son voisin de cellule est décrite avec
sensibilité et conviction. En revanche, la partie située en 2000 au cours de la réception que donne Christopher Dantès s'avère assez redondante par rapport au premier tome, et aurait sûrement pu faire l'objet d'une ou deux coupes.

On pourra faire au dessin le même type de reproche que pour le premier tome, notamment sur la ressemblance des personnages féminins (Lucie Mondran et la mère d'Alexandre apparaissent comme de quasi-sosies sur la planche 22, sans même trahir de différence d'âge !), mais il sert agréablement le propos et introduit occasionnellement une dose de violence efficace sans être excessive. Ce qu'on attend à présent, bien entendu, est l'arrivée du deuxième cycle intitulé La vengeance, qui promet de voir dérouiller les bastards qui ont poignardé l'innocence d'Alexandre dans le dos...

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