8.5/10Les Cœurs boudinés - Tome 3 - Des canards et des hommes

/ Critique - écrit par riffhifi, le 01/06/2008
Notre verdict : 8.5/10 - Le vilain petit canard au bois dormant (Ecrivez votre critique)

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La série des Cœurs boudinés abandonne le format en histoires courtes, mais pas le ton subtil et enlevé ni sa peinture attachante des femmes rondelettes. Inventif et humain, Krassinsky tient toujours le haut du pavé.

Le premier tome contenait cinq histoires très courtes, le deuxième n'en comptait que trois... En toute logique, le tome 3 des Cœurs boudinés n'est constitué que d'une seule histoire, un récit complet. Celui-ci est consacré à Rosy, rencontrée dès le premier volume ; Jean-Paul Krassinsky continue donc brillamment sa saga à la « les hommes préfèrent les grosses », à laquelle on souhaite de rester en aussi bonne forme au cours des années à venir.

Rose-Mary ‘Rosy' Thompson, rouquine trentenaire un peu boulotte, vit à Londres Dans la jungle, terrible jungle...
Dans la jungle, terrible jungle...
avec sa fille Sandy ; le papa, gros goujat, n'a pas reconnu la petite et a pris la poudre d'escampette. Rosy vit donc comme elle peut, entre sa responsabilité de mère célibataire, son boulot où règne un chef stupide et égocentrique, et une envie bien légitime de commencer une nouvelle relation avec un homme parfait...

Après deux premiers tomes salués par la critique, Krassinsky n'a plus rien à prouver ; ses histoires de femmes rondelettes dessinées d'un trait fin défendent avec une efficacité évidente une certaine idée du romantisme. Cette nouvelle histoire, qui confronte l'homme au canard dans un face-à-face croustillant, est d'une inventivité savoureuse et peut aisément se déguster sans avoir lu les deux précédentes. On craint un peu la facilité dans les premières pages, lorsque Sandy est confrontée dans la cour d'école à une camarade anorexique en route pour le mannequinat, mais le reste de l'album est traité avec suffisamment de subtilité pour qu'on ne se plaigne pas des quelques clichés qui s'y cachent. On appréciera notamment la richesse des personnages, rarement aussi simples que ce qu'on pense, et le relatif exotisme du récit (nous sommes à Londres), qui rappelle que les problèmes se ressemblent d'un pays à l'autre... La fin paraît un peu précipitée,
mais a le mérite de sortir bien agréablement des sentiers battus.

Le dessin, toujours aussi expressif, bénéficie par ailleurs d'une mise en page extrêmement variée et de couleurs (par Claire Champion) participant au chapitrage du récit : la dominante change selon les segments, passant de ocre à vert ou bleu, en ne ménageant de séquence véritablement diurne qu'en début et en fin d'album.

Agréable et doux à l'œil, aussi inventif narrativement que graphiquement, ce nouvel opus des Cœurs boudinés tient toutes les promesses des précédents, avec son romantisme sans tabou ni gnangnanterie. Un must du mois.

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