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8/10Curiosités perverses de Sophie

/ Critique - écrit par Maixent, le 01/02/2015
Notre verdict : 8/10 - La curiosité est un bon défaut (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Les débuts de Von Götha et déjà une ligne directrice très assumée.

Curiosités perverses de Sophie est l’un des premiers album de Von Götha. On lui pardonnera donc ses quelques manques de rigueur comme cette étrange incohérence, plus Sophie se dévergonde, plus sa chevelure est rousse, passant du châtain terne au marron, puis à l’orangé. Nous passerons aussi sur le choix d’un thème rabattu, celui de la jeune pucelle, véritable oie blanche animée d’un sentiment de pudibonderie insupportable se révélant en fait être une libertine éhontée.


Une première fois devant un public averti
Sophie, couettes et lunettes de rigueur, est une véritable coincée qui ne s’intéresse qu’à la physique-chimie jusqu’au jour où un mystérieux GML lui refile en coup de vent et sans qu’elle ait le temps de réagir, son « album des inconvenances », largement inspiré de Sade. La jeune fille découvre alors à la lecture de l’album en question que sa chatte parle pour elle et qu’elle ressent une immense excitation qu’elle ne peut contrôler. Elle trouve également une note, lui demandant de déposer l’objet de ses fantasmes à une mystérieuse adresse, qui se trouve être celle des toilettes publiques réservées aux hommes. Alors qu’elle se trouve dans l’une des cabine privative, on se rend compte que les trous dans les parois ne sont pas un effet graphique mais bien des glory hole desquels sort une multitude de sexes dressés, ne la laissant pas indifférente. Après sa première douche de sperme s’ensuivront des pratiques saphiques sous des mains expertes pour arriver au point d’orgue de son initiation, sa défloration par GML (initiales de Grand Méchant Loup), en public, sous l’œil protecteur de sa meilleure  amie qui se révèle être une rabatteuse professionnelle. A partir de là, initiée aux plaisirs, Sophie devient une experte du sexe, malgré une formation tout de même très
Quand Sophie va aux toilettes
rapide.

Déjà l’univers de Von Götha est posé, avec un SM très assumé, plus proche de la violence des Malheurs de Janice que de l’utopie sexuelle, Twenty. Chez Von Götha, plaisir et souffrances sont initmement liés, avec un décorum SM classique (cuir, chaînes, fouets, etc.), toujours à même de satisfaire les fétichistes et les adeptes de la soumission extrême. A noter tout de même que
Il ne faut pas trop embêter Sophie...
les « victimes » sont toujours très vite consentantes et embrassent avec passion cet art de vivre qu’elles découvrent à peine pour en devenir les chantres.

On retrouve également l’humour de l’auteur, présent malgré la crudité des scènes exposées, en filigrane dans l’ensemble de son œuvre. Sophie grandie de ses expériences sexuelles, se venge du garçon qui se moquait d’elle, en le laissant sur les toilettes du lycée, pantalon baissé et une carotte dans le cul. La courgette aurait été plus de circonstance mais cela est une autre histoire… Sans dire que Von Götha est un féministe acharné, force est de constater qu’il prône une forme d’égalité des sexes dans le plaisir et pose le SM comme un moyen de s’affirmer et de développer sa personnalité. En cela, les Curiosités perverses de Sophie est révélateur d’un auteur devenu au fil des ans une référence du genre.

Un album de bonne facture, mettant très bien en avant les qualités de l'auteur et les thèmes qu'il développera ensuite tout le long de sa carrière.

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