2/10CRS = Détresse

/ Critique - écrit par iscarioth, le 11/06/2007
Notre verdict : 2/10 - Un pavé dans la marre (Ecrivez votre critique)

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Achdé réalise des planches dans la continuité du fort héritage franco-belge. En dehors de cela, les gags ne volent pas plus haut et chutent bien moins gravement que des pavés

Des séries humoristiques, dans le petit monde de la BD franco-belge, on en fait sur tout. Profs, fonctionnaires, policiers, footballeurs... Ce ne sont pas les éditions Bamboo qui démentiront. Cependant, bien avant l'éclosion de cette dernière maison d'édition, d'autres perçaient déjà sur le terrain « professionnel humoristique » : Dupuis, avec les Psys ou Dargaud, avec CRS=Détresse... crsdetressecouv08_250

Achdé est l'un des représentants actuels de la BD franco-belge humoristique, surnommée affectueusement la BD « gros pif ». Il est surtout connu pour avoir repris la franchise Lucky Luke avec Laurent Gerra (à commencer par la Belle province). Depuis 1993, il réalise CRS=Détresse, qu'il a créé seul. Après une courte collaboration avec le scénariste Erroc (tomes 2 et 3), il fait équipe avec le grand prêtre de la BD d'humour, le seigneur des gros pifs, l'indétournable et très rentable Raoul Cauvin. Et vous le croirez ou non, l'Agent 212 à coté de CRS=Détresse, c'est presque de la bonne BD.

La série s'articule autour d'un personnage principal, Eugène Lacrymo (Ah, ah), français tout ce qu'il y a de plus moyen : gros pif (encore), moustache fournie, ventre rond. Dans la brigade, il y a le chef, Jéjé le bon copain et Pamela Punch (Ah, ah), la « C.J. » de service. Autres personnages secondaires : le bistrotier, le savant fou, le fils rocker et l'épouse « française moyenne », ménagère et gros pif aussi, ça va de soi.

Le reproche que l'on entend souvent face à ce genre de série, c'est que les gags sont éculés, rabâchés, usés jusqu'à la moelle. Dans le cas de CRS=Détresse, on poussera le vice jusqu'au bout encrsdetressecouv10_250 écrivant que les planches ne sont tout simplement que très rarement drôles. Vous vous surprendrez parfois à relire une planche une ou deux fois, cherchant le détail qui vous a possiblement échappé, rendant possible la compréhension de la chute...Non, inutile de chercher, les gags n'atteignent pas le minimum syndical (révoltant, non, pour des fonctionnaires de police ? Ah, ah). CRS=Détresse est un archétype du genre humoristique quant à sa structure. Des gags en une planche, qui sont essentiellement basés sur l'effet de chute (travelling arrière révélant l'incongru de la situation, saut dans le temps démontrant la cause ou la conséquence de ce qui est dit précédemment, explosions burlesques en tout genre...). La typologie est simple à réaliser et ne peut s'étendre que sur une simple page.

Le saviez vous ? Au concours de police, les postes les plus prisés sont ceux des CRS. Il y a de quoi avoir peur quand on y réfléchit. Lecrsdetressecou11_250s hommes et femmes souhaitant faire de la protection des citoyens leur vie ont pour ambition première de dézinguer du manifestant à coup de matraques. Mais arrêtons là notre digression gauchiste (Ah, ah). Quelle image donne-t-on des CRS dans la série ? Eloge sécuritaire, brûlot critique ? Ni l'un ni l'autre. Les manifs de CRS=Détresse c'est un peu le village gaulois d'Astérix. Sauf qu'à la place du poisson (pas frais) d'Ordalfabétix, il y a des pavés. On évite le bête discours partisan, c'est déjà ça.


Qu'est ce qui différencie CRS=Détresse de n'importe quelle production Jungle ? Graphiquement, Achdé réalise des planches dans la continuité du fort héritage franco-belge. En dehors de cela, les gags ne volent pas plus haut et chutent bien moins gravement que des pavés (Ah, ah).

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