2/10Du côté de chez Poje - Tome 20 - Supermalt

/ Critique - écrit par riffhifi, le 08/04/2009
Notre verdict : 2/10 - Super-zéro (facile, mais ça ne mérite pas plus d’effort) (Ecrivez votre critique)

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De loin la série la plus naze de Cauvin, Du côté de chez Poje atteint pourtant son 20ème tome sans broncher, dévidant son lot de blagues pas drôles et aseptisées.

A côté des Tuniques bleues, de Cédric ou de L'agent 212, Du côté de chez Poje fait un peu figure d'intrus mal connu. Cette énième série de Raoul Cauvin dure pourtant depuis vingt ans, sort cette année son vingtième tome et se verra adaptée en pièce de théâtre d'ici quelques mois. Un succès tranquille mais assez inexplicable en regard de la qualité des planches de ce Supermalt dont l'humour se tarit dès la couverture tournée. Et déjà, le jeu de mot n'était pas brillant... et sans rapport avec la moindre case de l'album, soit dit en passant.


Donc voilà, Poje est le patron d'un café (probablement situé en Belgique), il a un gros nez et une femme charmante (le lecteur veut voir un personnage plus laid que lui, mais marié à une bonasse pour fantasmer), et chaque jour apporte son lot de gags laborieux issus de la période la plus désespérante de Pif Poche. En cas de petite panne d'inspiration, il reste l'alternative de faire sortir le héros de chez lui (Poje à la plage, Poje à l'aéroport). En cas de panne absolue, irrémédiable, en cas de pénurie totale du moindre gramme d'idée pour subvenir aux besoins pourtant très modestes de la série, on pioche dans les blagues de cour de récréation qui ne faisaient déjà pas rire nos grands-parents lorsqu'ils portaient des culottes courtes (« moi hier, j'ai perdu quatre kilos : je traversais un champ... et c'est là que j'ai aperçu le taureau. »).

Le je-m'en-foutisme de Poje est visible à tous les niveaux : les histoires n'ont pas de titre, les arrières-plans ne recèlent aucun gag caché, les personnages s'appellent tous Robert sans qu'on puisse croire pour autant qu'il s'agisse d'un running gag...
La bêtise insondable de l'humour déployé empêche de croire qu'il ait pour but de toucher un public précis, même beauf ou peu exigeant. C'est de l'humour automatique, au kilo, comme on en produit à la chaîne dans certaines collections de Bamboo ou Vents d'Ouest. Rien n'est méchant, rien n'est cynique ou absurde, malin ou bien vu, cocasse ou décalé. Rien n'est recherché ou sophistiqué. Il s'agit juste d'enquiller sans convictions des chutes du style « mon instrument m'est tombé sur le pied, maintenant j'ai un plâtre - Mais de quoi jouez-vous ? - Je suis carillonneur ». Ouaf ouaf, mort de rire, on n'en peut plus. Sérieusement, il y a des bandes dessinées qui ne font rien pour susciter l'indulgence. La seule étincelle d'étonnement que peut provoquer ce tome anémique provient d'une des dernières planches, qui évoque davantage les préoccupations de Pierre Tombal que l'humour 0% de Poje. Mais attention, on a dit une étincelle d'étonnement, pas la lueur d'un sourire.

Finalement, la BD donne plus envie de boire que de rire. Boire pour oublier. Mais si le patron a un gros nez, changez de bistrot : il risque de vous raconter des histoires de Toto.

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