6/10Cosa Nostra - Tome 3 - Pizza connection

/ Critique - écrit par riffhifi, le 28/03/2011
Notre verdict : 6/10 - Les Affranchis timbrés (Ecrivez votre critique)

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Moins d'un an après le tome 2, voici un nouveau recueil des mésaventures de don Calimerone et de son fidèle Abruto. Mais Clarke n'aurait-il pas déjà fait le tour des clichés associés à la Mafia ?

Connu pour les séries Mélusine (sur des textes de François Gilson), Mister President et Docteur Bonheur (dont il signe les scénarios pour Turk), Clarke a également oeuvré
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sur bon nombre de one-shots, recueils de gags plus ou moins regroupés autour d'un même sujet, mais pas spécialement destinés à être déclinés sur plusieurs tomes. Ainsi, après avoir pondu chez Fluide Glacial les albums Thérapies en vrac, P.38 et Bas Nylon et Château Montrachet, il sortait en 2003 Le petit monde merveilleux de la Cosa Nostra. On y trouvait une satire amusée du monde des mafieux siciliens, jouant avec malice de tous les clichés qui lui sont associés : pieds coulés dans le béton, stoïcisme et misogynie façon Astérix en Corse, réunions au sommet autour d'une pizza... Quelques années plus tard, il réédite le bébé aux éditions du Lombard, en version colorisée et sous le nouveau titre de Sicilia Bella ; dans la foulée, il transforme le one-shot en série, livrant un tome 2 en 2010 et ce tome 3 en mars 2011 ; les histoires étaient prêtes à publier depuis longtemps, car l'auteur ignorait encore le mois dernier que ce Pizza connection était enfin sur le point de sortir (source : notre bon chef plienard, qui a rencontré Clarke au festival de La Couture).

Alors, quoi de neuf dans ces nouvelles aventures du Capo (parrain) don Calimerone et de son assistant Vincenze Abruto ? Pas grand chose. Ce qui, selon qu'on aime ou non le comique de répétition, peut être vu au choix comme une tare ou un atout. Il est donc toujours question de pieds coulés dans le béton, de stoïcisme, de misogynie et de pizzas (comme le titre l'indique). Globalement, les histoires longues s'en tirent mieux que les gags en deux pages : le tournage du Parrain 4 est assez
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rigolo malgré l'absence des personnages récurrents, et Le Kidnapping fait un usage décomplexé d'humour noir sans adoucissant.

D'une manière générale, Clarke est un conteur suffisamment habile et un dessinateur assez virtuose pour rendre agréable tous les épisodes, mais on déplore que certains se contentent de capitaliser sur un thème ou un effet comique déjà exploité précédemment dans la même série ; de même, on peut penser que l'usage de la couleur (œuvre de Cerise, comme pour Mélusine) sert des besoins essentiellement commerciaux, dans la mesure où le noir et blanc seyait parfaitement aux frasques des membres de la Camorra. Mais pour peu que les tomes suivants parviennent à se renouveler tout en bétonnant (hum) le caractère des personnages récurrents (dans ce tome-ci, Abruto s'avère souvent beaucoup moins bête que ce qu'implique son nom), on imagine que Cosa Nostra peut encore s'enrichir de quelques tomes.

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