4/10Les Corsaires d'Alcibiade - Tome 3 - Le Français

/ Critique - écrit par riffhifi, le 18/10/2007
Notre verdict : 4/10 - Quand il fait froid, on se demande à quoi le corps sert (Ecrivez votre critique)

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Sans grande conviction, Filippi et Liberge déroulent un nouveau chapitre d'une saga qu'ils gagneraient probablement à délaisser au profit de leurs autres travaux.

Il y a un an et des bananes, Gallu le valeureux vous faisait l'éloge des deux premiers tomes des Corsaires d'Alcibiade. Comme il serait triste que tout le monde soit toujours d'accord sur tout, soyons clair tout de suite : l'auteur des lignes présentes n'a aucune idée de ce qui fait l'intérêt de cette série. Le troisième tome peine toujours autant à susciter l'excitation, et semble toujours utiliser à rebrousse-poil le talent pourtant réel du dessinateur Eric Liberge.

1820. Les cinq recrues du mystérieux Alcibiade sont envoyés en mission au fin fond de l'Antarctique, pour y retrouver... pff... un genre de trésor. Ils sont évidemment talonnés dans leur quête par d'autres écumeurs des mers, parmi lesquels un capitaine français (d'où le titre).

Pour se réchauffer, rien de tel qu'une bonne pipe
Pour se réchauffer, rien de tel qu'une bonne pipe
Honnêtement, en attaquant la lecture de ce tome 3, les deux précédents n'étaient déjà plus qu'une tache floue perdue au fond du passé... Et curieusement, une fois arrivé au bout des 56 pages, l'identité des personnages, la nature de leurs agissements restait tout aussi floues. Pourtant, on croise bien quelques explosions, une multitude de visages (interchangeables), un certain nombre de paysages grandioses (froids, sans âme) ; le graphisme est soigné (sombre, peu contrasté), le récit se revendique de Jules Verne (mais les éléments fantastiques ne pointent leur nez qu'au bout d'une trentaine de pages) ; comment le résultat peut-il être aussi terne, sans entrain, sans personnalité ? Liberge semble se consoler d'un manque d'enthousiasme pour l'intrigue en fignolant des mises en page géométriques, souvent symétriques et usant de cases rondes ou ovales. Il profite même d'un bal masqué en début d'album pour croquer des fesses féminines (croquer dans le sens "dessiner", entendons-nous bien) avant que toutes ne soient emmitouflées dans les doudounes obligatoires par la suite. Ce souci de montrer des formes dénudées en gros plan à ce moment du récit se fait d'ailleurs au détriment de la narration, ce qui n'a qu'une piètre importance puisque la scène n'a pas vraiment de rapport avec le reste de l'intrigue.

Sans grande conviction, Filippi et Liberge déroulent un nouveau chapitre d'une saga qu'ils gagneraient probablement à délaisser au profit de leurs autres travaux. Malheureusement, la fin de l'album appelle une suite (plusieurs ?)... On se consolera avec la couverture, qui à défaut d'être excitante a le mérite d'être joliment mystérieuse, et par les toutes dernières pages, qui entrent enfin dans le vif du sujet et proposent un peu d'action fantastique.
Néanmoins, les amateurs des deux premiers volets apprécieront sans doute celui-ci, qui reste dans la lignée de ses prédécesseurs.

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