8/10Communardes ! L'aristocrate fantôme

/ Critique - écrit par Maixent, le 06/12/2015
Notre verdict : 8/10 - Une femme dans la tourmente (Ecrivez votre critique)

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Quand une vraie révolutionnaire entre en action

L’Aristocrate fantôme est le deuxième ouvrage de la série Communardes, sorti en même temps que Les éléphants rouges. On se penche cette fois sur une frange plus noble de la population avec également un changement de dessinateur.


Se dresser sans ciller pour défendre ses convictions

 

Pour mettre en avant les idées de gauche, fer de lance de la Commune, le récit et les personnages se rapprochent de la Russie. En effet, on s'intéressera plus spécifiquement à cette population russe et fortunée, ces « Grands ducs » qui partaient en tournée à Paris pour profiter de ses plaisirs, mais aussi marquant durablement les intellectuels et artistes de leur empreinte dans une capitale en pleine effervescence. On retrouvera d'ailleurs dans le récit des personnages bien connus comme Karl Marx. Mais plus qu'un simple hommage à ces immigrés, le récit est construit selon des codes différents. En effet, la construction narrative, mais aussi le développement de l'héroïne rappelle cette « fatalitas » chère aux écrivains russes, cette vision tragique venue de l'est que l'on retrouve dans les grands récits comme Guerre et Paix ou le Docteur Jivago.

Elisabeth Dmitrieff est un personnage historique, envoyée par Karl Marx en 1871 comme représentante du Conseil général de l'Internationale, devenant une des animatrices les plus actives de l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés. Elle terminera ses jours probablement en 1910, déportée en Sibérie. Engagée politiquement, que ce soit envers la cause féministe ou les idées communistes, elle n'hésitera pas à donner de sa personne, fonçant tête baissée sur les barricades de la rue Saint-Antoine, et intriguant avec les puissants pour faire triompher ses idéaux. Le récit retrace donc le parcours de cette jeune femme alors âgée de 20 ans de façon réaliste durant toute la Commune, mais comme dans le premier tome de Communardes, jamais de manière didactique.
Paris en guerre

Le dessin est plus adulte. Ici ce n'est pas la naïveté d'une enfant qui est mise en avant mais le combat d'une femme forte, une « pétroleuse » agissant consciemment, risquant de tout perdre à chaque instant. C'est donc un dessin plus détaillé mais toujours avec la même cohérence graphique. Les auteurs parviennent à s'adapter au sujet tout en conservant une identité propre.  En effet, nous sommes plus ancrés dans une réalité guerrière avec un dessin fort, des explosions à tout va dans une ville ravagée par le conflit. Si le premier tome était plus proche de la Vie est belle, laissant la part belle au rêve, c’est maintenant Apocalypse Now, plongeant le lecteur au cœur des barricades.

Un troisième tome ne devrait pas tarder à paraître pour conclure ce triptyque construit chronologiquement, se déroulant cette fois-ci durant la « Semaine sanglante » qui marquera la fin de la Commune, Nous ne dirons rien de leurs femelles.

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