8/10Le Combat ordinaire - Tome 4 - Planter des clous

/ Critique - écrit par riffhifi, le 15/03/2008
Notre verdict : 8/10 - A la mode de chez Manou (Ecrivez votre critique)

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Fin du combat pour Manu Larcenet, qui clôt joliment son récit d’apprentissage de la vie en abordant le thème de la paternité.

C'est officiel, ce quatrième tome du Combat ordinaire sera également le dernier pour Manu Larcenet, qui n'aime visiblement pas les séries trop longues. C'est tout à son honneur, d'autant qu'au vu de la popularité du titre (largement en tête des ventes ce mois-ci), il aurait pu faire le choix de le transformer en vache à lait jusqu'à épuisement des personnages et de leur univers. On aurait ainsi assisté à la progressive "sitcomisation" de la famille de Marco, ce qu'on évite heureusement de justesse. De justesse, parce que Larcenet n'est pas la moitié d'un manchot et que ce Planter des clous ne sombre jamais dans la mièvrerie qu'il effleure pourtant.

Marco est désormais papa. Un papa chanceux puisque sa fille d'à peine deux ans paraît déjà en avoir quatre ou cinq. Elle découvre la vie et la mort pendant que Marco se bouffe les ongles à essayer de savoir s'il l'élève bien, si son reportage sur les ouvriers grévistes sert à quelque chose et si ses séances chez le psy servent encore à quelque chose. En revanche, les élections présidentielles (nous sommes Marcommuniste ?
Marcommuniste ?
en mai 2007) lui passent un peu au-dessus de la citrouille.

Depuis le tome 1, récompensé en 2003 par le Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême, le Combat Ordinaire montre l'évolution de Marco et de sa femme, en une peinture qui sent l'autobiographie partielle, au même titre que Le retour à la terre, l'autre série de Larcenet dont le quatrième tome est paru en 2006. Désormais, le personnage est adulte, et doit assumer son statut de père. Pas facile de trouver l'équilibre entre affection et sévérité, de garder son calme et de faire preuve de pédagogie, quand on a soi-même encore tant de doutes sur la façon d'aborder la vie. Heureusement, Marco est aidé dans son processus de croissance par les diverses rencontres qu'il fait : les malheurs du voisin de bistrot, la vieille dame du cimetière (peut-être la plus belle scène de l'album) ou encore Pablo, l'ouvrier qui travaillait avec son père, lui feront comprendre ce qui importe dans la vie. Le combat ordinaire, ce n'est pas une histoire avec un début et une fin, c'est un personnage traversant une tranche de sa vie.

On pourra dire que ce dernier tome, de la même façon que son prédécesseur, verse un peu trop dans lMarcoquelicot (pff, non, je... bon, trop tard)
Marcoquelicot (pff, non, je... bon, trop tard)
a sensiblerie et les gros sabots. Une petite fille, c'est mignon ; la politique, c'est générateur de discussions sur l'état de la société. Incontestablement, on a connu Larcenet plus subtil, mais on ne boudera pas pour autant le dernier opus d'un des meilleurs auteurs actuels, qui continue de briller par son dessin reconnaissable mais sans cesse renouvelé, mis en couleur (comme souvent) par son frère Patrice. La luminosité presque onirique des deux premières planches sur fond de neige tranche avec les pages nocturnes de la fin, pour mieux s'ouvrir à la chaleur du soleil qui promet un bel avenir à Marco. Un avenir sans le lecteur, qui arrête là son rôle de voyeur. Et attend avec impatience la prochaine série de Manu Larcenet...

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