8.5/10Coeur de glace

/ Critique - écrit par plienard, le 21/01/2011
Notre verdict : 8.5/10 - A glacer le sang (Ecrivez votre critique)

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Après le fantastique Jolies ténèbres, Marie Pommepuy (la moitié de Kerascoët) adapte un conte d’Andersen (Hans Christian) pour nous raconter les aventures d’une petite fille à la recherche de son meilleur ami.

Une caravane se fait attaquer par une famille ogre. Gerda, qui faisait partie de la caravane, est sauvée d’une mort certaine par une enfant ogresse qui veut en faire son amie. Une drôle de relation va alors s’installer entre la petite ogresse et Gerda qui va lui raconter son histoire et comment elle en est arrivée là.


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Vous connaissez Marie Pommepuy, la scénariste de cet album. Peut-être pas sous ce nom, mais si je vous dis Kerascoët, cela vous parlera peut-être plus. C’est en effet le nom sous lequel le couple Marie Pommepuy et Sébastien Cosset signe les albums Miss pas touche et Jolies ténèbres. Patric Pion, lui, s’est fait connaître en dessinant Tomb Raider, adapté du jeu vidéo ou encore Chrome ou Mégaron (chez Dargaud).

L’album qui nous intéresse ici, est librement adapté de La reine des neiges, un conte écrit par Hans Christian Andersen au début du19ème siècle. Il traite ici d’une jeune fille, Gerda, qui part à la recherche de son ami Kay, enlevé par la reine des neiges.
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Tout le monde le croit mort, mais elle, l’a vu suivre cette reine. Et au cours de son périple, elle va rencontrer la méchanceté, voire l’horreur (une mémé va lui faire manger des enfants à son insu !), mais aussi l’amitié (la petite ogresse). Si tous les ingrédients d’un conte sont là, la liberté d’adaptation est ici évidente, marquée surtout par la fin (que je vous laisse découvrir). Car il faut bien dire que l’histoire est quelquefois très dure. Les dessins nous offrent d’ailleurs des visions horribles comme quand bouton d’or se fait éplucher la peau. C’est magistralement dessiné, frôlant la perfection. Le trait ne correspond pas à la ligne claire franco-belge. Il est trop léger. Il rend, cependant, toute l’atmosphère poétique de l’œuvre, même si celle-ci n’est pas à mettre entre toutes les mains (celles des plus jeunes). On retrouve le style et l’atmosphère de Jolies ténèbres. Gerda est peut-être, d’ailleurs, la jeune fille morte ?

On oublie souvent que les contes ne sont pas des histoires à la Walt Disney. Ils étaient destinés à faire peur aux enfants. Ils mettent en scène des malheurs, des monstres et monstruosités et ne se terminent pas forcément par un happy end. Ici, sans avoir une fin triste (elle serait même plutôt ironique), les contes du 19ème siècle sont remis à l’honneur par le talent d’une scénariste et d’un dessinateur.

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