7/10Codeflesh - La loi, c'est lui !

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 12/04/2013
Notre verdict : 7/10 - Comme une flesh ! (Ecrivez votre critique)

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Charlie Adlard n’est pas que le dessinateur de The Walking Dead. Il travaille sur d’autres projets comme ce fût déjà le cas avec Joe Casey lorsqu’ils ont publié Corps de Pierre. Les deux comparses remettent le couvert dans un album toujours sombre mais plus rythmé. Pour définir son projet, les deux artistes parlaient d’une rencontre entre Taxi Driver et Spider-Man. Il y a peut-être également de Sin City mais les plus aguerris vont y trouver un hommage sombre à The Spirit. Bref, vous allez avoir de la rugosité et une bonne dose d’ironie teintée d’autodestruction.

Codeflesh - La loi, c'est lui !
Un héros tête à claque ?
Notre héros est Cameron Daltrey et son job n’a rien de joyeux. Il est agent de probation. En somme, il s’arrange pour faire sortir un criminel de prison en attente de son procès. Si le dit criminel ne se présente pas au tribunal, Cameron vient le chercher à coup de poing dans la gueule. Seulement, notre agent complique les choses : d’une part, il s’est spécialisé dans le super-criminel, genre qui a des superpouvoirs. D’autre part, il doit le faire masqué car suite à une arrestation violente, il n’a plus le droit d’aller les chercher. Il est censé engager un chasseur de prime pour cela. Accrocs à l’adrénaline, la violence et la justice, il ne peut pas se priver de cet aspect de son travail. D’où une vie privée compliquée faite de mensonges, de journées à rallonge et des blessures en tout genre. Cameron oscille donc entre son alter-égo masqué qui ne fait pas dans la dentelle et sa vie privée qui tombe en morceau. Tiraillé entre les deux, il ne peut pas se résoudre à en choisir une ou même à clairement mêler les deux. Cameron passe donc souvent pour le connard de service hyper-violent si l’on s’attache à l’impression presque nihiliste qu’il donne. Seulement Cameron est plus que cela (sinon, ce serait moins intéressant). Il cache de profondes blessures et un besoin de faire le bien. Certes, il le cache bien, mais entre un criminel plein d’honneur et les discussions avec son associé, il révèle une certaine droiture. Le plus dommage dans cet album est la longueur pour Casey et Adlard à trouver leur rythme. Au début, on a de l’action mais on ne sait pas trop où l’on va. Puis, les choses se posent, les intrigues se succèdent et Cameron se découvre petit à petit. Comme s’il fallait qu’il passe pour un sale type exprès pour pouvoir mieux faire son travail.

Codeflesh - La loi, c'est lui !
Une dure journée de travail !
Même constat pour la direction artistique. Certes, voir Adlard sur de la couleur, cela change mais au-delà de tout cela, il semble prendre ses marques dans les premiers chapitres. Timide, sans trop y aller, il dépeint la vie de son héros à pas feutrés. Puis, il compose petit à petit ses gammes, nous entraîne dans le tourbillon de la vie de Cameron avec un souci du détail (l’architecture de la ville par exemple) et une noirceur que l’on connaît bien chez Adlard. La palme d’originalité revient au chapitre huit dans lequel Cameron écrit une lettre pour tout expliquer à sa copine. Les mots se succèdent mais s’inscrivent dans le flot de l’action qui va conduire Cameron à arrêter un nouveau criminel en fuite. Même les onomatopées vont jouer le rôle de messager et cette histoire s’inscrit un peu comme un clip musical. Très poétique et rondement mené, si vous avez un chapitre à découvrir, c’est bien celui-là.

Codeflesh démarre donc doucement mais s’inscrit comme une balade sombre et envoûtante dès lors que l’on se laisse guider. Un héros très humain dans un monde de surhomme et c’est justement là que l’on reconnaît les plus grandes icônes des comics. En effet, l’une des recettes pour séduire lorsque l’on est un héros, c’est d’être faillible, de douter pour mieux se dépasser et franchir les obstacles. Que serait un Spiderman sans un Peter Parker un peu loser ou encore un Batman sans un Bruce Wayne poursuivi par la culpabilité et le sens de la justice ?

 Codeflesh - La loi, c'est lui !
La classe, ça ne s'apprend pas ! 

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