8/10Clark Gaybeul - Tome 1 - Petites lâchetés

/ Critique - écrit par riffhifi, le 11/09/2008
Notre verdict : 8/10 - Clark Kant (Ecrivez votre critique)

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On ne juge pas un livre à sa couverture. Il ne faut donc pas s'y tromper : ce n'est pas parce qu'Edika change de jaquette qu'il retourne pour autant sa veste, car il sait faire une bonne soupe dans un nouveau pot plutôt qu'un bouillon dans le... la... enfin vous voyez, quoi.

Edika est un pilier de Fluide Glacial. Le genre qui soutient l'édifice, un de ceux qu'on ne peut pas abattre sous peine de devoir refaire toute la tuyauterie qui était planquée à l'intérieur et d'être obligé de reconstruire un mur porteur à la place. Trente-deux albums de 1981 à 2007, soit 1.1851851 par an. Bien que numérotés, les jolis albums d'Edika n'appartenaient à aucune série labellisée. Ils étaient intitulés Debiloff Profondikoum, Orteils coincés ou encore Destin yaourt, et puis hop, on les mettait en rayon. Mais l'arrivée de Thierry Tinlot à la rédaction en chef de Fluide change la donne : celui-ci pense que les lecteurs ont besoin d'une série identifiable, avec un titre fixe et un héros. Edika finit par accepter l'idée, avec d'autant plus de facilité que ses histoires relatent souvent les péripéties de la même famille, constituée de papa Bronsky, maman Olga, de leur fils Nini (eh oui), de leur
fille Georges (eeeeh oui) et de leur chat Clark Gaybeul. Un chat facétieux et philosophe, qui ressemble autant à un chien qu'à autre chose, et porte un slip kangourou sous son nez rouge et ses nénés tombants. Le nom de la série était donc tout trouvé : Clark Gaybeul. D'ailleurs, le tome 23 n'était-il pas déjà nommé La double vie de Clark Gaybeul ?...

Edika vendrait-il son âme au diable, accepterait-il de brader son humour incontrôlable ou pire, de le brider ? La réponse tient en trois mots : meuh non, rhôlala. Si vous avez bien suivi, Edika est un pilier de Fluide, personne ne peut se passer de lui. Personne n'a le même art consommé de la diversité dans la ressemblance, personne ne peut fournir une telle quantité de délicieuses conneries sans verser dans la répétition. Edika est un puits à idées, une tornade instoppable qui peut vous raconter une histoire qui part d'un point A pour arriver à un point 8 en passant par # sans pour autant donner l'air de se perdre ; maîtrisant l'absurde sans larguer, la scatologie sans dégoûter et le sexe sans lasser, Edika peut sans peine intituler un album Clark Gaybeul et laisser le fameux chat au deuxième plan. Pour tout dire, sur huit histoires, l'animal parlant est au centre des deux premières (Y a des matins comme ça et Clark Gaybeul et Zénab), n'est qu'une guest anecdotique dans l'une
d'entre elles (L'âge bête), et reste carrément absent des deux dernières (Aide ton prochain comme toi-même et Quartiers chauds). Et pour être honnête, on s'en fout complètement, puisque l'intérêt des bandes d'Edika réside dans leur humour dingo et pas vraiment dans le destin de leurs personnages.

Ce dont on se fout moins, c'est de constater que la maquettiste a inversé deux pages de l'album (la 33 et la 34, qui devraient apparaître dans l'autre sens) et que l'histoire Petites lâchetés apparaît ainsi bien abscons au lecteur non prévenu. Pas de bol, c'est celle qui donne son nom à l'album. On remarquera aussi que l'histoire Raymonde à l'oreille fine apparaît déjà dans l'album collectif Casting Bidochon. En même temps, on ne vous a pas conseillé de l'acheter, donc en principe vous n'aurez pas de problème de doublon sur vos étagères. En revanche, ce Clark Gaybeul tome 1 devrait atterrir sans tarder à côté de Bye Bye Tango, Abru Cadabru, Hardluck et Imprévus au menu. Non mais sans blague.

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