6.5/10Chez Francisque - Tome 2

/ Critique - écrit par riffhifi, le 31/10/2007
Notre verdict : 6.5/10 - Supporters des bleus, buveurs de blanc sec, affligés de nez rouges (Ecrivez votre critique)

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Dans la lignée du précédent album, ce deuxième tome se révèle même plutôt supérieur car plus varié. Pas l'œuvre d'une vie, mais plutôt un regard narquois et désabusé sur une certaine France.

Il y a un an, le duo Lindingre-Larcenet (le premier au scénario, le deuxième au dessin) livrait le premier tome de Chez Francisque, ce recueil de brèves de comptoir stigmatisant lourdement les travers de la France profonde (celle qui git au plus profond d'un verre de Suze dans les profondeurs des bistrots les plus franchouillards de la mère patrie). Ce mois-ci, ils reviennent sur les lieux du crime.


Le format, dès le départ, donne envie d'aimer ce type d'album. Comme Hector Kanon en octobre, Chez Francisque arbore cette couverture souple, cette taille majestueuse et ce papier épais qui sent le papier, signes d'un profond respect de l'éditeur pour la bande en question. A l'intérieur, le style adopté par Manu Larcenet est évidemment le même que pour le premier volume, quelque part entre Reiser et Vuillemin, curieusement mis en valeur par la couleur, alors qu'on aurait cru que le noir et blanc lui seyait mieux. Les couleurs en question sont dues à Patrice Larcenet, complice régulier de son frère : à base de tons marrons, tirant parfois sur le rouge pour évoquer la fin de soirée urbaine et avinée, elles contribuent à l'ambiance de façon diablement efficace.


Et les gags, dans tout ça ? On se souvient que le tome précédent, animé des meilleures intentions, se contentait trop souvent de démagogie facile en ciblant essentiellement le racisme ordinaire, un thème archi-rebattu sur lequel il n'y a plus grand chose d'audacieux ni de désopilant à dire depuis longtemps. Ici, sans pour autant renoncer à taper sur les cons du coin de la rue (les racistes, les machos, les chasseurs), Lindingre a la bonne idée d'élargir le champ des conversations, quitte parfois à délaisser le gag pur pour un simple dialogue criant de vérité. A tel point que, malgré la malicieuse mention du type « toute ressemblance etc. » placée en début de livre, on peut facilement penser qu'une bonne partie des histoires provient directement du bistrot d'en face, où Lindingre a dû halluciner à l'écoute de certaines énormités. Le pilier de bistrot, cette fois, n'est pas systématiquement un gros facho nuisible, mais n'est parfois qu'un loser solitaire en manque d'amis. Certaines pages ont des accents de dépressions qui font un peu mal au nez.
Larcenet de son côté se fait plaisir en s'affranchissant totalement de la présence des cases, signalant simplement l'ordre de lecture par l'ajout de numéros à côté des dessins (un procédé moins encombrant que ce qu'on pourrait croire). Quelques dessins sont particulièrement drôles, l'artiste n'ayant pas son pareil pour croquer les gens qui s'énervent.


Dans la lignée du précédent album, ce deuxième tome se révèle même plutôt supérieur car plus varié. Pas l'œuvre d'une vie, mais plutôt un regard narquois et désabusé sur une certaine France.

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