7/10Le Chateau des Ruisseaux - Tome 1

/ Critique - écrit par plienard, le 10/01/2012
Notre verdict : 7/10 - Une ligne claire (Ecrivez votre critique)

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Une BD reportage-témoignage de Frédéric Poincelet et Vincent Bernière sur un établissement de traitement des addictions, le château des ruisseaux. Un sujet réel, avec des personnages réels dans des lieux réels, ou quand la BD est sérieuse, éducative et divertissante.

Le château des ruisseaux est un établissement réel, un centre de traitement des addictions, situé près de Soisson, dans l’Aisne. Les auteurs Frédéric Poincelet (au dessin) et Vincent Bernière (au scénario) nous évoquent avec force l’arrivée de Jean, jeune toxicomane pour une sorte de dernière chance.


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Très introspectif, le récit suit les aléas des sentiments et des envies de Jean. Arrivé en même temps que Marie, jeune toxico elle aussi, le début du séjour est difficile. Abstinence totale, seul le groupe de travail doit servir de palliatif, par la parole. Tout ce qui permet l’isolement est banni : la musique, l’amour ! C’est un centre pilote, fondé sur des principes américains.

Si le début est un peu longuet, l’introspection de Jean lui faisant énumérer toutes les situations scabreuses ou non qui l’ont amené au centre, on a l’impression de se retrouver à lire le manuel listant toutes les drogues possibles et faciles à trouver. Heureusement, le sentiment de culpabilité et de honte ressortent des images et des personnages, leurs sentiments étant clairement mis en lumière, ce qui atténue le sentiment de malaise qui pourrait assaillir le lecteur.

Passé la longueur du début, on se prend d’intérêt pour ces personnages, pour leur histoire. On les admire à essayer de se prendre à nouveau en main. Car la tentation est partout et facile. Tous en sont à leur antépénultième cure de désintoxication, une cure de la dernière chance en quelque sorte, jusqu’à la prochaine pour certains.

Vincent Bernière et Frédéric Poincelet sont donc les auteurs de cet album qui sonne comme terriblement réaliste. On apprend, d’ailleurs, au travers de sa biographie, que le scénariste est un ancien consommateur de drogue (sorti de cet enfer depuis 17 ans) et on comprend alors mieux notre sentiment à la lecture. Le réalisme des réactions, des comportements sont tellement réels que l’on croirait voir un reportage d’Envoyé spécial. C’est sans doute aussi une manière pour le scénariste d’exorciser et de témoigner, une fois de plus, sur ce poison après Shoot Again (éd. Panama, 2007) et avant les Stupéfiantes aventures de Viny K. qui sort en même temps aux éditions Dupuis (et que nous aurons l’occasion de chroniquer prochainement).

Un dernier mot sur le dessin de Frédéric Poincelet. Sans case, il parsème les pages de dessins superposant, certaines fois, les dessins, mais toujours dans une logique tout à fait compréhensible. Si le lecteur est quelquefois déstabilisé par les descriptions des situations vécues par les personnages, une certaine douceur et un profond sentiment de mélancolie ressort des dessins. Le trait, entre gris et noir, renforce les  personnages dans l’opposition de leur sentiment entre l’assurance et le manque de leur volonté et participe à révéler la profonde détresse des personnages. On regrettera juste la couverture par folichonne (en même l'histoire n'est pas très drôle, mais bon) avec sa couleur vert bouteille. Par contre, elle représente assez bien le côté très épuré du graphisme.


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