7.5/10Le Chat qui courait sur les toits

/ Critique - écrit par plienard, le 16/05/2010
Notre verdict : 7.5/10 - Maudite tête (Ecrivez votre critique)

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La naissance d'un héritier est pour le roi et la reine une joie immense. Mais une étrange malédiction va s'abattre sur l'enfant, qui va se voir pourvu d'une tête d'animal.

Dans un royaume lointain, un roi et une reine sont heureux d'annoncer enfin, la naissance de leur fils. Mais le bonheur va être de courte durée. Un jour, la nourrice est retrouvée morte de frayeur. Le bambin, à la vue du corbeau qui le dévisageait, a changé de tête ! tête de mouche
tête de mouche
Il a gardé son corps de bébé, mais sa tête a pris l'apparence de celle de l'oiseau. Devant cette malédiction, les meilleurs médecins du royaume sont appelés à la rescousse. Mais, on s'en doute bien, ils n'ont aucune réponse. Il ne reste plus alors qu'une seule chose à faire : cacher l'enfant et éliminer les médecins. Seul le roi, son frère et la reine savent la vérité. L'enfant va alors être dissimulé à tout le monde. Aucun miroir ou objet réfléchissant ne lui est procuré, pour qu'il ne puisse jamais voir son visage qui change au seul regard échangé avec un animal. Il va ainsi recevoir la meilleure éducation au travers d'une porte. Puis un jour, ce qui devait arriver, arriva : l'enfant découvre son vrai visage. Il est alors pris d'une rage folle et s'enfuit du château à travers les bois.

Michel Rodrigue, le scénariste et René Hausman, le dessinateur, ont déjà collaboré ensemble sur la série des livres pour enfants La grande tambouille. Ils réitèrent, ici, leur association pour le chat qui courait sur les toits, sorte de conte à la Charles Perrault (la fin est notamment un hommage et une filiation au Chat botté) où un enfant, victime d'une malédiction, prend la tête de chaque animal qu'il regarde. tête de chat
tête de chat
On retrouve ici les codes de ces anciens contes : un château dans une époque moyen-âgeuse, une malédiction, de la cruauté (le rejet de l'enfant à la tête d'animal, la mort des parents ...) mais aussi beaucoup d'amour et de sagesse personnalisée par le vieux médecin ou Vivien le chef des comédiens ambulants, un méchant en présence du frère du roi. Le tout est écrit avec des dialogues efficaces dont certaines répliques sont empruntées à Cyrano de Bergerac d'Edmond Rostand ou encore aux pièces de Pline.

Mais tout ceci ne serait pas cohérent sans le fabuleux dessin de René Hausman. Tous les dessins sont à l'aquarelle sans la sécurité du trait (chapeau l'artiste), le tout avec un ton de couleur qui donne à l'album ce charme suranné qui sied à l'histoire. Les différents visages du prince sont pour le dessinateur un moyen de nous montrer sa grande dextérité au pinceau. Mais aussi, et plus prosaïquement démontrer que derrière chaque masque, chaque apparence se cache un homme.

Voici donc un charmant conte qui renvoie les difficultés de la différence et de l'intégration dans la société. C'est une histoire bien écrite, bien dessinée, faite de cruauté mais aussi d'humanité.

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