7.5/10Le Chat - Tome 14 - La marque du Chat

/ Critique - écrit par riffhifi, le 23/10/2007
Notre verdict : 7.5/10 - Chat-Mots (Ecrivez votre critique)

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L'album est une grande bouffe, où l'on picore ce qu'on aime et où l'on laisse le reste sur le bord de l'assiette. Mais le reste en question n'est pas bien épais.

Le Chat, ce n'est pas vraiment une bande dessinée et c'est plus qu'un personnage. Créé dans les pages du journal belge Le Soir en 1983 (ce qui ne nous rajeunit pas), il promène sa dégaine rondouillarde de strip en strip depuis plus de vingt ans sous l'égide de Philippe Geluck, que l'on connaît aujourd'hui pour s'être commis dans les émissions de Laurent Ruquier et Michel Drucker.

Toute apparition télévisée mise à part, Geluck construit avec son Chat une œuvre d'une rare densité, à coup d'humour tantôt purement calembouresque, tantôt étrangement philosophique. Portant l'humour comme seul étendard, jouant avec les mots avec une absence de complexe et un talent qui évoque un René Goscinny non-narratif, Geluck échappe à toute classification politique ou
idéologique, tout en mettant dans la bouche de son personnage les réflexions les plus osées sur la vie et ceux qui la peuplent. Quelques touches de provoc pointent ça et là, mais ne constituent pas l'essentiel de l'humour du chat, qui donne plutôt dans l'absurde.

Côté graphique, le félin vedette a trouvé son apparence définitive il y a bien longtemps, et certains affirment que Geluck se contenterait désormais d'utiliser une photocopieuse pour répliquer ses dessins (le Chat de face en général, le Chat de trois quart dos plus rarement, le Chat de trois quart face les jours de fête). C'est là pure médisance, bien entendu, puisque la subtilité de la bande est de savoir insuffler différentes expression au même dessin par de très subtiles variations, la position du corps ou l'ajout de gouttelettes. Du travail de précision, qu'il faut apprécier dans son contexte ultra-codé de dessin de strip.

Ce mois-ci, c'est le quatorzième tome du Chat qui atteint les bacs. Intitulé La marque du Chat et arborant une couverture qui parodie un célèbre album de Blake et Mortimer (on vous laisse deviner lequel, ce n'est pas très dur), il ne renferme rien que bien surprenant pour le fan du Chat, c'est-à-dire un peu de
déchet et beaucoup de bonheur. Comme d'habitude, les gags sont généralement composés d'une ou trois images, à l'exception de rares histoires en une page, voire deux pour ce super-blockbuster de seize cases qui voit le Chat interviewé en compagnie de Averell Dalton, Lucky Luke et Obélix.

Selon les goûts, on se réjouira du jeu de mot facile et sans conséquence (« coolie de framboises et de cassis »), du gag qui nécessite un temps de réflexion plus important (« la preuve que Dieu n'est pas infaillible, c'est qu'il a du Tipp-ex sur son bureau ») ou de la phrase lâchée pensivement sans nécessaire envie de faire rire (« pourquoi existerait-il une vie après la mort, étant donné qu'il n'existe pas de vie avant la vie ? »). Comme toujours, l'album est une grande bouffe, où l'on picore ce qu'on aime et où l'on laisse le reste sur le bord de l'assiette. Mais le reste en question n'est pas bien épais.

On remarquera pour l'anecdote que le Chat s'est mis à la bière mais qu'il ne boit plus de blanc sec au comptoir. Geluck a dû se faire piquer les stocks existants par Tardi pour la nouvelle aventure de Adèle Blanc-Sec.

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