3.5/10Chagall en Russie - 1ère partie

/ Critique - écrit par plienard, le 22/08/2010
Notre verdict : 3.5/10 - Le Sfar s’est éteint (Ecrivez votre critique)

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Le peintre Marc Chagall ne peut pas se passer de dessiner ce qui ne plait pas au père de celle qu'il aime. Il en a besoin pour vivre, un peu comme son auteur.

Quand Joann Sfar sort un album, c'est toujours plus ou moins un événement. Et pourtant ce n'est pas vraiment un dilettante. Il a, à son actif, pas moins d'une centaine de bandes dessinées et on peut dire qu'il nous a souvent ravi par sa capacité de création et son volume de travail qui ne semblait pas entamer la qualité de ses histoires.


Pourtant, depuis un ou deux ans, le Gargantua de la bande dessinée semblait s'assagir, faire une pose. Tout du moins, en terme de production, accaparé qu'il a dû être par son film, Gainsbourg (vie héroïque). Et comme par enchantement (ou plutôt désenchantement), le manque de production a semblé porter un coup à la qualité. Car pour être honnête, ce Chagall en Russie ne m'a pas vraiment convaincu.

Marc Chagall dessine, dessine, dessine, dessine et aime dessiner. Il en a un besoin viscéral. Mais il a aussi une autre envie : celle d'épouser une jeune fille dont le père lui refuse la main. En effet, il ne veut pas la marier à un peintre. Marc doit trouver un vrai métier. Il va alors partir et réfléchir : comment épouser cette fille et continuer à dessiner. Et il va rencontrer des personnages tous plus bizarres les uns que les autres. Citons premièrement, l'homme qui se prétend être Jésus Christ et qui s'attire donc la haine de tous les juifs. Deuxièmement, Tam le boucher qui lui aussi veut se marier à une fille et dont le père ne veut pas qu'elle épouse un homme qui tue les animaux. Vient ensuite, le violoniste qui ne pense qu'à jouer. Ces quatre mousquetaires là, vont créer une compagnie de théâtre à l'aide de soldats sanguinaires.

mon nom est Jésus Christ
mon nom est Jésus Christ
Si cette introduction vous semble abracadabrantesque, ce n'est rien à côté de la réalité de l'histoire. J'ai tenté de faire un résumé, plus ou moins, clair de l'histoire. En effet, la lecture est un peu difficile. Sfar nous raconte la vie de juifs en Russie, et n'est pas particulièrement tendre avec eux. Entre incompréhension, rejet de l'autre, traditions inébranlables, on a l'impression que ce peuple ne fait que se lamenter, se battre et s'opposer. A tel point que cela devient pénible, voire écœurant, même si on a sourit aux premières planches (le début avec Jésus Christ est assez drôle). A cela s'ajoutent les situations et les personnages absurdes (les cosaques qui n'obéissent qu'à celui qui a le manteau de commandant et que les quatre mousquetaires vont s'échanger). On a aussi toute une série de cliché (que seul Sfar peut se permettre) censés faire rire. Et c'est raté. On pressent le personnage de Chagall comme étant une adaptation de Joann Sfar dans son besoin incessant de dessiner. Mais au final, le personnage est totalement pathétique. On espère que l'auteur n'en est pas là et qu'il reprendra ses bonnes vieilles habitudes : de la production et de la qualité.
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