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9/10Cercle intime - Volume 2

/ Critique - écrit par Maixent, le 24/01/2016
Notre verdict : 9/10 - New doom generation (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une vision assez juste d'une jeunesse hyper sexualisée dans un album clairement pornographique

Si le premier tome était un tome d’exposition, présentant les quatre héros (Claire, Rachel, Joshua et Adrien) de façon assez disparate dans une série de scènes de vie sans liens apparents, le second est beaucoup plus linéaire. Il n’est plus nécessaire maintenant de s’appesantir sur la psychologie des personnages, mais plus sur les liens qu’ils ont pu tisser entre eux, les situations équivoques qui peuvent naître et du coup, mettre en avant un récit plus construit et cohérent. En effet, il n’y a plus qu’une histoire, même si entrecoupée de scènes apparemment hors du récit dans cet album, mais plus élaborée et touchante, qui nous fait d’avantage pénétrer dans l’intimité de chacun.


Claire...

 

Tout est centré autour du personnage de Claire, la petite rousse dégageant une image de nymphomane mais se posant beaucoup plus de questions qu’elle en a l’air. Car si tout le monde la prend pour la trainée de service, elle se révélera beaucoup plus sensible que prévu. Elle se fait ainsi le chantre d’une démarche féministe, libre de son corps. Car si elle peut avoir envie de baiser avec beaucoup, ce n’est pas avec n’importe qui et surtout dans le respect de ses propres limites. Il peut dès lors paraître surprenant que pendant un dépucelage en règle sur un petit vierge avec l’aide de Rachel elle puisse s’offusquer que cette dernière glisse sa langue entre ses cuisses après qu’elles se soient embrassées mais cela est somme toute tout à fait cohérent. C’est même l’un des nœuds de l’intrigue. Baignée dans une atmosphère sexuelle extrême, elle part à la quête d’elle-même. Car il est en effet  à noter que si Rachel est expulsée de la chambre de Claire après cet écart c’est pour mieux retrouver les bras de la mère de celle-ci. Le père c’était la veille…
Sa maman...

 

Au milieu de ce maelström sexuel se débat Adrien, l’autre personnage d’importance du récit, amoureux transi de la petite Claire depuis aussi longtemps qu’il se souvienne. Celle qui prend toute la place dans ses rêveries solitaires qui se finissent toujours de la même façon, une nouvelle tâche sur le canapé. Il est le « friendzoné » par excellence. Celui qui pourrait satisfaire tant sexuellement que sentimentalement cette petite dévergondée qui préfère se faire prendre par trois inconnus à moitié abrutis plutôt que d’envisager une belle histoire. L’album se clôt d’ailleurs de façon assez poétique sur une scène de sexe très violente et très belle entre les deux personnages. Un adieu de la part de Claire pour ce jeune homme fidèle et touchant avant de disparaître, quittant la ville pour fuir sa réputation de fille facile. 


Son amoureux transi

 

Ce deuxième tome est vraiment dans la continuation directe du premier avec l’utilisation de couleurs très chaudes et un dessin « moelleux » qui donne toute leurs saveurs aux scènes de sexe. C’est un dessin apaisant qui permet de faire passer des moments très hard sans les diminuer mais sans pour autant les rendre répulsifs. Les corps offerts et les regards bienveillants sont pour beaucoup dans l’excitation que peut ressentir le lecteur, s’insinuant confortablement dans l’intimité des personnages. Gambedotti parvient à capter une jeunesse tumultueuse et pointe du doigt une jeunesse parfois dépassé par sa propre liberté. Les barrières sont brisées, le corps exulte, tout est possible, mais que faire de cette abondance ? Et comment y trouver sa place ?

C’est donc là un ouvrage très riche sous couvert de frivolité. Ce dernier tome d’une série en deux volumes s’achève sur une note difficile avec le départ de Claire et n’est pas seulement un très bel ouvrage pornographique. Il donne vraiment à voir les problèmes d’identité de cette bande de jeunes et ouvre une réflexion sur la perception qu’à de soi le reste du monde et la difficulté des relations en général dans un monde hyper sexué. 

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