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4/10Catlady

/ Critique - écrit par Maixent, le 19/12/2012
Notre verdict : 4/10 - Miaou (Ecrivez votre critique)

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Sorte de Catwoman du pauvre, Catlady se rapproche de son homologue américain par le masque en cuir ou le fait d’être une cambrioleuse de haut vol mais la comparaison s’arrête là. Cette monte-en-l’air ci n’est pas un personnage ambivalent ayant une relation ambiguë avec le chevalier noir. Catlady se contente de voler, repérant les cibles potentielles dans une boutique de lingerie, et ayant un petit côté pervers, s’amusant, souvent aux dépens de ses victimes, histoire de joindre l’utile à l’agréable.

On retrouve tout l’univers de Xavier Duvet avec une attirance pour une
Que choisir ?
certaine vision de l’érotisme et de la sexualité dans laquelle  le dress code a son importance. On se croirait invité dans une soirée tenue par M. Grey lui-même, héros de l’année dans le monde de la littérature érotique. Où tout est maîtrisé et où le plaisir n’est que secondaire face à un étalage de moyens. Xavier Duvet nous présente l’intégralité du catalogue Démonia avec pinces à seins, cages de chasteté, colliers en cuir, ou encore tout ce qui est baillons avec harnais ou à boule, ce qui est sans doute agréable pour un fétichiste mais pour les autres, n'est qu’une suite d’objets n’ajoutant pas grand-chose à l’intrigue. Et si la minutie de l’auteur peut séduire, le lecteur lambda est vite lassé par ce déballage incongru.

L’album mettant en scène la même héroïne dans plusieurs histoires plus ou moins liées, on retrouve cependant dans l’une d’entre elles la spécialité de l’auteur, le transgenre et la soumission. Si la plupart du temps, il se contente d’un érotisme esthétisant, il est tout de même réputé pour son approche ultime de la soumission allant jusqu’à la féminisation totale (dans
Enquête de police en profondeur
certains albums, il sera question de chirurgie esthétique) du sujet. Ici c’est l’un des protagonistes, macho confirmé, qui deviendra une parfaite soubrette à la botte de sa femme sous  les conseils de l’avisée Catlady.

Le dessin est réalisé à l’aérographe, autre spécialité de l’auteur, ce qui a des avantages et des inconvénients. Au niveau du rendu des corps on est dans quelque chose de vaporeux, presque doux, avec un travail précis sur les dégradés et les niveaux de gris conférant à l’ensemble plus de réalisme. A contrario, les petites surfaces telles que les visages sur lesquels sont nécessaires une multitude de détails rendent moins bien, et certains sont carrément monstrueux.

Certaines trouvailles scénaristiques et un travail de l’auteur sur le long terme permettent à l’album de tenir la route, mais l’approche est loin d’être évidente. Sans être mauvais, il est tellement spécifique et ciblé qu’il est difficile de s’y intéresser vraiment et on passe très vite à côté de l’essentiel, le plaisir. Une partie des lecteurs s’y retrouveront, d’autres n’adhéreront pas. Le travail de Xavier Duvet mérite cependant d’exister et ouvre des perspectives sans doute plus intéressantes que ce que l’on pourrait penser au premier abord.

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