3/10Casse-Pierre - Tome 1 - La XIIIe centurie

/ Critique - écrit par iscarioth, le 21/05/2006
Notre verdict : 3/10 - Casse-pas-des-briques (Ecrivez votre critique)

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Une narration vieillotte et maladroite, des personnages et une intrigue typés et sans intérêt, une qualité de réalisation qui laisse perplexe... Casse-Pierre n'a rien de révolutionnaire, ni même de convenable.

Casse-Pierre est un sculpteur. En route pour Paris, il fait la rencontre d'une cartomancienne puis du chef de la Sûreté. Notre héros apprend qu'une affaire criminelle se déploie autour de la bibliothèque du roi. Casse-pierre va-t-il mener sa propre enquête ? Bien évidemment, qu'est ce que vous croyez !

Cinquante ans de retard


Casse-Pierre
est une bande dessinée que l'on peut qualifier de « traditionnelle », au sens le plus péjoratif qui soit. La narration est maladroite et sclérosée. Cet album est touché par ce que j'appelle souvent « le syndrome Blake et Mortimer ». Loin de moi l'idée de vouloir cracher sur ce grand pan de l'histoire de la BD, mais il serait fou de ne pas avouer que les procédés narratifs ont largement évolué depuis cinquante ans. La bande dessinée moderne ne réexplique pas par l'écrit ce qui est déjà représentable par l'impression, le dessin. Les auteurs de Casse-Pierre ne semblent pas avoir saisi l'importance d'une narration subtile. La voix off que l'on retrouve sur différentes vignettes de leur album est des plus ridicules. Exemple à la page huit : gros plan sur le visage du chef de la Sûreté avec un encadré : « Loupet est inquiet : un deuxième assassinat vient de se produire dans la bibliothèque du roi ! ». Comme dans un vieux feuilleton, le charme en moins.

Me voilà, ma mie, je vole à votre secours !

Autre cliché qu'on ferait pourtant bien d'enterrer, le héros sans peur et sans reproche. Casse-Pierre a un penchant pour les jolies femmes et boit. Ce sont bien là ses seuls défauts. Il ne manque plus que le masque et la cape au jeune homme pour faire de lui le parfait Zorro, défenseur de la veuve et de l'orphelin. On insiste démesurément sur son coté chevaleresque : « Casse-Pierre se reproche un instant sa témérité avec le chef de la police de sûreté [...] De toute façon, il ne sait pas maîtriser sa colère face à l'humiliation et à l'injustice » (page 14). Le ridicule du personnage, véritable caricature involontaire du chevalier servant, est accentué par le grotesque des situations (une bagarre dont notre héros sort forcément vainqueur, page 11), la faiblesse des dialogues, sans oublier les méchants qui font « hé, hé ! »...

Un mauvais goût clinquant


L'intrigue en elle-même n'arrange rien. Les enjeux sont maigres, les personnages improbables et le mystère policier tortueux. Malgré les quelques mots de vocabulaire ancien insérés ça et là, l'intérêt historique est très faible. Casse-Pierre est mâtiné de lutte des classes avant l'heure et son portrait de la bibliothèque au 19ème est plus que douteux. Pour couronner le tout, le dessin se montre tout aussi médiocre et bâclé que le scénario. Les arrières plans sont sous traités, avec, souvent, des trames colorées pour combler les vides. Le trait frôle l'amateurisme et on relève de nombreuses erreurs et approximations (page 15, vignette 1). La coloration est quant à elle douloureuse à supporter. Les scènes ont souvent été embrumées de tons inesthétiques et sans aucune nuance (les scènes d'intérieur près d'un feu). Le pire reste sans doute les transitions. On revient plusieurs fois en arrière en se demandant si l'on n'a pas manqué quelque chose.


Une narration vieillotte et maladroite, des personnages et une intrigue typés et sans intérêt, une qualité de réalisation qui laisse perplexe... Casse-Pierre n'a rien de révolutionnaire, ni même de convenable. A fuir.

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