7/10Carnet intime

/ Critique - écrit par plienard, le 02/11/2011
Notre verdict : 7/10 - En toute amitié (Ecrivez votre critique)

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Zep délaisse un peu son personnage fétiche pour nous montrer tout son talent de dessinateur du réel. Aquarelles et petites annotations parsèment un beau livre avec des dessins datant, pour certains, d’août 2011 !

Passé à côté de Titeuf (j’avoue ne l’avoir jamais lu, juste un peu feuilleté), je ne suis pas vraiment un fan de l’œuvre de Zep et de son univers. Je découvre, donc, ce carnet intime qui paraît aux éditions Gallimard avec circonspection, peur de découvrir, au travers des 208 pages (quand même !), des personnages tout mous avec des mèches blondes sur le crâne nous racontant leurs vacances en Espagne.


DR.
C’est donc d’une main tremblotante, et avec apriori, que je feuillette rapidement le dossier de presse. Rien de ce que je redoute ne semble être présent. Alors, banco, on lit ce carnet intime. On démarre par Porquerolles, une vue sur la mer et un arbre en équilibre au bord de la falaise. Belles couleurs, proportions respectées, petite annotation qui fait sourire, on démarre bien et de façon agréable.

On comprend vite que Zep va nous dessiner tous les beaux endroits de ses vacances de 1995 à 2011. Porquerolles, Carqueiranne, Venise, Bruxelles, Saint-Malo, Zanzibar, la Tanzanie, l’Italie, la Suisse, la Bretagne (cherchez l’erreur !) ... Une succession de dessin et d’aquarelles, notifiées le plus souvent d’un petit commentaire de l’auteur sur l’instant magnifique où il cherche à retranscrire toute la beauté d’un arbre, d’une église, d’une pierre, d’une cascade, d’un mobilier urbain, d’une porte !

Le problème des carnets intimes, c’est un peu cela. Les auteurs veulent nous émouvoir avec leurs émotions. C’est souvent chi.... et côté émotion, c’est un peu comme si votre voisin vous montrait son album-photo de vacances. On aime par politesse et sans plus.


DR.
Je continue pourtant ma lecture, mon « visionnage de belles images » des vacances de Zep. L’air de rien, je me laisse emporter, pas vraiment par l’émotion du lieu, mais plutôt par le dessin de l’auteur. Même s’il a du succès avec ses albums, le dessin n’est pas forcément ce qui en caractérise la raison. Il nous démontre, ici, que le bonhomme ne sait pas que « dessiner du Zep », il est bien plus que cela. Au fil des feuilles, j’ai quelquefois l’impression de regarder une photo. Savoir aller à l’essentiel, savoir arbitrer, Zep l’a réussi même s’il ne sait pas « ranger sa chambre » !

À l’aide des notations, l’artiste nous invite avec lui, comme un ami, comme un intime. Il nous raconte sa vie, privée, publique, ses déboires, ses enfants, ses pensées philosophiques, ses interrogations. C’est bien un carnet, de la plus belle des espèces. Moi, j’aime ce Zep. Celui qui fait croire que je suis un ami de la famille. Mais promis, Zep, je n’irais pas te voir quand tu dessineras dans la rue !


DR.

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