4.5/10Captain America - 1964-1966 - Intégrale

/ Critique - écrit par Canette Ultra, le 21/11/2011
Notre verdict : 4.5/10 - Ohé Ohé ! Captain abandonné ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Cette année, le Captain America se mange à toutes les sauces : films, jeux, comics, etc. Cette intégrale tombe à pic et la nostalgie envahit déjà nos petits coeurs. Cependant, il faudra survivre à des intrigues qui ont mal vieilli et qui nous montrent un Captain perdu et mélancolique.

Captain America est un héros que l’on ne présente plus. Véritable symbole, défenseur inconditionnel de la liberté et de la justice, il a traversé les époques. Pourtant, après la seconde guerre mondiale, ce n’était pas gagné. Avec d’autres comme la Torche Humaine (l’androïde) ou Namor, la douce musique de la retraite s’annonçait. Cependant, c’était mal connaître Jack Kirby. En effet, il est le papa du héros avec Joe Simon et il ne veut pas laisser son rejeton sur le carreau. Ainsi, en 1963, avec Stan « the man » Lee, ils font un essai en introduisant le héros dans une aventure. Devant les réactions positives des fans, ils préparent le retour officiel du héros et font de lui un pilier des Vengeurs. Cependant, avec un personnage aussi populaire, il serait dommage de le laisser végéter entre deux actions avec ses nouveaux amis. Ainsi, il a le droit à ses propres aventures et maintenant à sa propre réédition en intégrale. L’ouvrage présenté relate les évènements couvrant la période 1964-1966.


Même pas peur !
Cette intégrale pourrait se diviser en trois parties : la glande, le souvenir et le retour. Dans la première donc, Captain America passe la majorité de son temps dans le manoir des Vengeurs et il ne fait pas grand chose dans son fauteuil. Heureusement, les bandits du coin viennent le distraire et il peut faire la preuve de son talent. En effet, loin des pouvoirs divins de Thor ou des gadgets d’Iron Man, Cap est un acrobate sous stéroïdes en quelque sorte. Plus fort, rapide et agile que la moyenne mais c’est tout. Il compense son « manque » de pouvoirs ou d’outil par une riche exploitation de stratégie ou d’expérience. Les brigands semblent tous croire que tout vient de son bouclier mais ils font l’amère expérience de leur erreur. Néanmoins, cette partie manque d’ambition et malgré quelques séquences, rien ne semble être à la hauteur du héros.


Bon... un petit peu peur quand même !
Heureusement pour lui et pour nous, il va se replonger dans ses souvenirs pour nous les faire partager (ainsi qu’occasionnellement aux Vengeurs qui passent par là). Nous redécouvrons ainsi ses origines (que les fans de Strange Spécial Origines connaissent par cœur) ainsi qu’une partie de ses aventures durant la seconde guerre mondiale. Bucky est naturellement de la partie. Si ces aventures peuvent séduire pour leur côté désuet ou pour les séquences d’action, il faut reconnaître une certaine naïveté dans la protection de l’identité secrète de Bucky et Cap. On frise parfois la caricature lorsque l’on retrouve Steve Rogers abonné à la corvée de patates. De même, nos héros se font constamment capturer. Classiquement, ils sont assommés, ligotés et le méchant raconte tout son plan avant de se faire battre. Captain America pousse le vice jusqu’à faire semblant d’être inconscient pour être amené devant le vilain qui va raconter son plan même lorsque le héros est « endormi ». Heureusement, quelques explosions viennent nous tirer de ces récurrences. Cependant, on ne comprend pas encore l’intérêt ultime d’avoir sorti Captain America des glaces.


La coupe de monde de rugby inspire notre héros !
C’est là qu’intervient la dernière partie. Durant la fin de la seconde, le Crâne Rouge intervient et il faut dire que cela relance un peu l’intérêt du lecteur. Dans l’ultime partie de l’album, il est de retour dans le présent sous diverses formes et les ennemis de héros tricolore deviennent plus sympa. A ce titre, mentionnons Batroc, le super mercenaire français adepte de la savate et des acrobaties. Cependant, mise à part une dimension presque surréaliste, et un adversaire physiquement au top, Batroc n’est pas suffisant pour occuper la grande quête de notre héros. C’est là que va intervenir l’organisation terroriste AIM qui est aussi connue (et méchante) que l’Hydra ou la Maggia dans l’univers Marvel. Cette dernière partie est donc la plus intéressante et la plus rythmée. Des ennemis modernes, des enjeux de taille, ça dépoussière mieux notre héros qui sombrait dans la nostalgie la plus déprimante.


Et Pan ! Dans les dents !
Graphiquement, la patte de Kirby est aisément reconnaissable. Avec le temps qui a passé, certains décors souffrent d’un grand vide (dans la première partie, on le ressent davantage). Néanmoins, l’action ne souffrent pas du passage du temps. Cap virevolte, frappe, surprend et la mise en scène sait le mettre à son avantage. Même les fameux dialogues qui ont lieu durant le combat (un classique de l’époque) ne gênent en rien les acrobaties de notre héros.

Un album qui séduit mais dont les ficelles sont un peu grosses. Si l’action demeure vive, c’est véritablement le scénario qui vient gêner Cap. Entre des méchants peu inspirés et le coup du héros qui se fait assommer (la variante est Bucky qui perd connaissance et Cap qui se laisse capturer), on cherche le moment intéressant qui ne viendra qu’en fin d’album.

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