9/10Buddy Longway - Intégrale n°5

/ Critique - écrit par plienard, le 02/06/2011
Notre verdict : 9/10 - Une fin Derib ! (Ecrivez votre critique)

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Le point commun entre Yakari et Buddy Longway ? Les indiens. Oui, mais encore ? Derib, le dessinateur du premier et auteur complet pour le second. Et ne ratez sous aucun prétexte son exposition à la galerie Napoléon à Paris.

Cinquième et dernière intégrale de la série Buddy Longway, c’est avec une certaine tristesse qu’on l’accueille. Le Lombard regroupe les derniers albums Regarde au-dessus des nuages, La balle perdue, La révolte et La source.

Regarde au-dessus des nuages (2002)


DR.
La vie au sein de la réserve s’organise peu à peu, mais l’équilibre reste précaire. Pour prouver leur bonne foi, Buddy et quelques indiens acceptent de ramener des mustangs pour les besoins de l’armée. Même si cela doit retarder les Longway de partir à la recherche de leur fils Jérémie.

Si on souligne souvent la qualité de Lambil pour ses dessins de chevaux, Derib montre ici que cela peut être de l’art. les pages en sont tout bonnement magnifiques. Et on profite de cet album comme étant le dernier avant un final particulièrement cruel pour la famille Longway.

 

La balle perdue (2003)

Décidant malgré tout d’emmener le troupeau de mustangs à l’armée, Buddy et les siens se retrouvent face à des indiens renégats qui veulent leur voler les chevaux. Parmi eux, Jérémie ! Si le bonheur de se retrouver est véritable, un conflit va vite s’ouvrir entre lui et son père : faut-il emmener ces chevaux à l’armée ?

Cet album est intéressant à plus d’un titre. Si on se réjouit des retrouvailles autant que les Longway, on perçoit vite le tiraillement psychologique des personnages et le désaccord cruel qui les oppose. Entre celui qui veut respecter sa parole donnée à l’armée (Buddy) et l’autre qui veut se venger de la haine des hommes blancs (Jérémie), le lecteur ne sait pas prendre parti malgré son avantage de savoir comment va finir le peuple indien.

 

La révolte (2004)


DR.
La mort de jérémie, même si elle est accidentelle, a fortement marquée Kathleen. Elle se plonge alors dans un profond mutisme. Et l’arrivée d’un blanc qui veut faire du commerce de peaux de bison avec les indiens et d’un dessinateur-journaliste va déclencher chez la jeune femme une très vive réaction.

La plongée en enfer continue petit à petit pour la famille Longway. Cette fois, c’est leur fille qui va vouloir venger son frère et surtout défendre la cause du peuple indien. Dans cette aventure, le malheur viendra de la mort du frère de chinook.

 

La source (2006)

Chinook et Buddy se retrouvant seuls, il devient évident pour eux qu’ils n’ont plus aucune attache dans la réserve. Ils décident donc de retourner là où ils ont vécu les premiers jours de leur amour et ce qu’il semble être leur plus belles années.

 

Si l’intégrale démarre par une superbe histoire sur le respect et notamment celui de la nature et des animaux, les trois dernières font plus un rappel des conditions toujours plus difficiles des indiens. Inexorablement, leur existence est menacée et deux choix s’offrent à eux : lutter et mourir, ou accepter le compromis et mourir.


La couverture de l'intégrale.
Et c’est cette fin qui attend aussi les Longway. Si tout au long de leurs aventures, ils ont toujours regardé droit devant eux, la seule fois où ils ne suivront pas ce principe leur sera fatal.

Si dans les premiers albums de la série, Derib nous montre la vie magnifique de Buddy, faite de danger mais terriblement enviante, il va peu à peu devoir prendre en compte le contexte historique dans lequel évolue son héros. Les ressorts psychologiques vont alors se faire plus importants, voir plus intéressants. On dépasse alors la simple jolie bande dessinée pour un traitement plus complexe. Il va pourtant toujours rester à la surface des choses, ne jamais trop les approfondir, laissant le lecteur se trouver des réponses lui-même.

De cette façon de faire, il en ressort un dessin toujours plus magnifié. Et si l’on regrette que la vie de Buddy Longway soit terminée, on peut saluer Mr Derib d’avoir eu le courage de le faire. Il donne ainsi un peu plus corps à cette histoire magnifique et qui résonne comme la vie authentique (et plausible) d’un trappeur.

Si vous voulez prolonger un peu ce rêve éveillé, une exposition d’aquarelles se tient à la galerie Napoléon du 9 juin au 14 Juillet 2011 à Paris (cliquer ici). Et l’album Les saisons d’une vie par Kathleen est paru récemment (Mai 2011) où la fille de Buddy nous raconte ses souvenirs.


DR.

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