6/10Brendan et le secret de Kells - Tome 2

/ Critique - écrit par athanagor, le 17/10/2009
Notre verdict : 6/10 - Brendan phraseur (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

Deuxième tome paginé des aventures animées du petit Irlandais enlumineur et religieux, juste assez pour coucher sur papier la partie du film qui ne rentrait pas dans le tome 1.

Après une courte exposition de l'histoire du peuple des
fées en terre d'Irlande, et la destruction de leur espèce par l'arrivée des hommes et leur alliance avec les forces du mal pour dompter la nature (bref, un problème d'immigration et de non-mixité des cultures), l'ouvrage reprend son cours et nous fait suivre la vie de Brendan au sein du monastère, qui se prépare inlassablement à subir les assauts vikings dont la menace plane déjà depuis les premières pages du tome 1. Dans ce laps de temps, Brendan, au grand dam de son oncle Cellach dont la seule préoccupation est la défense du lieu et de ses réfugiés, apprendra les rudiments qui feront de lui un talentueux enlumineur. Et comme il lui restait un petit peu de temps, il en a profité pour purifier la forêt des influences néfastes qui terrorisaient son amie Aisling.

Suite et fin de l'adaptation du film éponyme, et toujours avec l'appréciable patte graphique de Tomm Moore, cette BD ne parvient pas (comme le tome 1 du reste) à se départir de son appartenance au format cinéma. Ainsi, l'énorme majorité de l'ouvrage ressemble à une bête succession de screenshots, avec du texte en rab, sorte de story-board ultra-léché et certes réellement beau, mais toujours pas une BD. Les problèmes
de transfert de la pellicule à la page subsistent et l'articulation des scènes ou leurs développements, ainsi que certains dialogues ne sont toujours pas à leurs aises. De plus, on découvre au final une histoire guère développée et peu passionnante, qui ne se permet aucune variation ni aucun rebondissement par rapport aux annonces faites à ses débuts. On diminue alors un peu ses attentes et on constate qu'il s'agit d'un simple conte à valeur édifiante pour les jeunes esprits, mettant en scène quelques principes philosophiques simples d'ouverture sur le monde, de poursuite de ses envies et de prise en compte de ses talents, avec en prime (et c'est pas plus cher) de la victoire du bien sur le mal, quand bien même celui-ci remporte pas mal de batailles. Quelques âmes exercées feront le parallèle avec Yakari, mais depuis que Nanabozo a été mis en examen pour exercice illégal de la médecine, nous nous abstiendrons de tout commentaire.

Pourtant, l'objet BD est parfois pris comme ce qu'il est et quelques pages bénéficient d'un traitement singulier qui finit par les faire ressortir de l'illustration générale. Parfois même, deux pages côte à côte sont aussi dissemblables que le jour et la nuit, s'attachant chacune à un moment particulier du récit et constituant ainsi un tout narratif. De plus, tout le travail étant inspiré par le livre de Kells, la BD (qui est, rappelons-le, aussi un livre) jouit inévitablement dans sa représentation de quelques astuces de cadrages et d'encadrement, directement issues
des techniques illustratives du moyen-âge, mais dont l'utilisation reste quand-même plus frappante et surprenante dans la version animée.

Bien sûr, et c'est déjà la force du film dont cet ouvrage est issu, c'est l'étonnant travail de Tomm Moore qui fait la différence. Inspiré par les enluminures irlandaises du 6e siècle, il parvient à en tirer une fraîcheur et une inventivité étonnante et les deux ouvrages seront alors considérés comme d'excellents outils pour l'étude posée et approfondie de son style, et l'utilisation qu'il fait d'un matériau devenu si peu commun.

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