7.5/10Blood Red Lake

/ Critique - écrit par Maixent, le 23/10/2016
Notre verdict : 7.5/10 - symbiote party (Ecrivez votre critique)

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L'invasion a commencé...

Quand un groupe de jeunes part en vadrouille, c'est rarement une bonne idée, surtout lorsqu'ils le font pour rejoindre une fête de débauche et d'alcool. Or, il était dit et vérifié dans Scream, la régle numéro un pour survivre à un film d'horreur, "never have sex". Or, que les deux loosers du lycée se rendent au Spring Break après un road trip de 1300 km avec les deux plus jolies filles du lycée annonce un très mauvais début. Et puis le Sping Break, c'est dangereux, il y a souvent des piranhas tueurs issus de temps immémoriaux selon Alexandre Aja, où, ici des symbiotes extraterrestres. 


Le symbiote donne confiance en soi...

 

Les symbiotes extraterrestres, on sait tous que c'est une mauvaise chose. Venom n'est pas vraiment le gentil gars serviable dans Spiderman et les tentacules d'Horribilis n'apportent pas vraiment le bonheur à leur hôte. Parfois même ils s'attaquent à des campus entiers avant de se lancer à la conquête du monde et il est nécessaire de se droguer pour leur survivre, comme dans Faculty, dont Blood Red Lake est clairement inspiré. Mais c'est un peu plus que ça, car si le récit est proche de la science fiction, il l'est aussi d'une violence plus problématique et certains aspects ne sont pas sans rappeler la tuerie de Columbine ou autres. 

Nos quatre étudiants en goguette prennent donc la route sereinement dans une scène d'exposition assez longue, préparant bien à l'attente du lecteur. Les auteurs utilisent le même procédé que dans Une nuit en Enfer. On est d'abord dans un road movie classique, avec de longs moments sur la route, des pauses dans des lieux neutres que sont les aires de service, des rencontres peu sympathiques bien sûr pour tenir le lecteur en haleine, quand arrive le moment où tout bascule. On quitte alors notre zone de confort pour entrer dans un nouvel univers. Ici, quand les adolescents quittent la station service, ils sont poursuivis par un gros motard avec lequel ils se embrouillés. Ils croisent alors un homme en panne, ils ne s'arrêtent pas, le motard oui et il se fait sauvagement poignardé sans préliminaires. Le fou se lance alors à la poursuite des jeunes qui se réfugient dans une casse automobile. Trois s'enfuient abandonnant Danny à son sort qui est alors infecté par une larve étrange sortie de la bouche du fou. On est à la moitié du récit et on part maintenant sur un autre univers fait de sexe et de sang. 
...mais est un peu violent

 

Les trois survivants se rendent quand même à la fête et finissent par tomber sur Danny qui les a rejoint. Mais celui-ci à changé. De jeunes puceau pré-pubère, il devient une bête de sexe avec un charisme hors du commun et ramène sans encombre dans son lit La fille que tous convoitent. Il en profite alors pour l'infecter et ils deviennent un couple de Bonny and Clide, premiers acteurs d'une tuerie à l'échelle planétaire. 

Ce qui est vraiment remarquable dans Blood Red Lake, c'est le rythme. Tout s'enchaîne très vite quand il le faut, et pourtant des pages très paisibles sont laissées afin que le lecteur puisse vraiment se plonger dans l'horreur. Il n'est pas facile dans une bande dessinée de créer un effet de surprise. Un film peut se servir de la musique ou d'un fantôme sortant d'un coup du placard mais dans une bande dessinée, par essence statique, c'est plus compliqué. D'où le choix du rythme mais aussi du cadrage, de l'enchaînement des cases ou du dessin qui se sert ici de grands aplats noirs et profonds qui confèrent une angoisse immédiate. 

Au final, Blood Red Lake se sert de beaucoup d'éléments de la pop culture avec brio. Rien n'est réinventé dans cet ouvrage mais tout est maîtrisé et agréable à lire. L'horreur, comme l'humour, sont des sujets difficiles mais les auteurs réussissent à maintenir le lecteur en haleine de bout en bout avec un petit niveau satisfaisant de sous texte sur la violence en général.

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