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9/10Blanche Neige - tome 1 - La reine vénéneuse

/ Critique - écrit par Maixent, le 17/01/2016
Notre verdict : 9/10 - Blanche Neige reloaded (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Une très bonne adaptation érotique du célèbre conte

Après leur relecture de Cendrillon qui était une véritable réussite, Trif et Celestini persistent et signent en s’attaquant cette fois-ci à la délicate Blanche-Neige mais si celle-ci conserve (pour l’instant) sa virginité vis-à-vis des hommes, il n’en est pas de même de ses désirs saphiques.


Blanche Neige perdue dans la forêt

 

En effet, il s’agit bien là d’une version érotique, donc modifiée quant à la réalité du conte. Mais là où la plupart s’étaient arrêtés à un simple pastiche (cf. « Blanche fesse et les sept mains » ou autres…), les auteurs font ici l’effort de construire une véritable histoire et de creuser la psychologie des personnages  pour leur donner une véritable consistance. Ainsi sont utilisés plusieurs flashbacks qui  expliquent le caractère démoniaque de la cruelle belle-mère. Par ailleurs, les personnages stéréotypés ou connus du grand public sont ici remaniés pour être cohérents dans la narration. Le chasseur chargé d’égorger Blanche-neige accepte sa mission uniquement à cause de la récompense se trouvant entre les cuisses de la Reine et Blanche Neige échappera à celui-ci non pas à cause de la grande mansuétude dont il peut être capable mais de son inattention lorsqu’il tente de la violer. De même il se révélera que le  Prince charmant n’est pas si charmant que ça et qu’il n’a pas l’intention de se contenter d’un chaste baiser, mais cela sera plus développé dans le deuxième tome.
La méchante Reine et le Prince pas très charmant

 

L’histoire est donc modifiée mais conserve une bonne part du conte. La Reine, jalouse de la beauté de Blanche-Neige, décide de faire assassiner celle-ci qui se réfugiera ensuite chez les sept nains. Jusque-là tout va bien mais la vraie nouveauté du scénario et d’avoir incorporé Raiponce au conte. En tant qu’élément fantastique, elle est celle qui permet à la Reine de conserver sa jeunesse par le simple contact de ses mains sur son imposante chevelure. Séquestrée comme il se doit  en haut de la plus haute tour du royaume. Elle deviendra ensuite la petite amie de Blanche  Neige pendant que la Reine se fait prendre violemment par le Prince Charmant. Là aussi, on s’écarte un peu du sujet, mais le tout fonctionne.


La punition de Raiponce

 

L’exercice dans Blanche Neige est aussi bien maîtrisé que dans Cendrillon. C’est un plaisir de voir le détournement de ces personnages auxquels on est habitué et de voir leur conditions de vie poussées à leur paroxysme. Raiponce n’est pas seulement enfermée. Elle est ici battue et humiliée par la Reine depuis treize longues années. Soumise absolue, sa survie ne dépend que de la Reine, mais aussi son plaisir que cette dernière lui administre avec parcimonie. L’humour est aussi très présent, avec la présence d’un nain difforme, Simplet, un grand blond d’un mètre quatre-vingt et l’exacerbation du caractère de princesse de Blanche neige, une véritable peste imbue de sa personne et qui mériterait de se faire remettre à sa place. En fait, le personnage attachant, outre Raiponce, mais il s’agit là de pitié, serait plus la Reine, prise dans les turpitudes d’un jeu social et maudite à jamais, tuant tous les malheureux qui ont le malheur de poser leurs lèvres sur ses seins.

Quant au dessin, il manque parfois de finition mais reste très agréable. Et si de loin certains détails sont manquants, les gros plans sont parfaitement réussis et immergent le lecteur dans une sexualité frontale et excitante. De même le rendu des visages est parfaitement maitrisé et les expressions de chacun trahissent leurs émotions.

Les auteurs ont vraiment réussis à s’approprier l’âme du conte pour le pervertir et lui donner un second souffle, conservant la cruauté originelle et une certaine dose d’humour mais en y insufflant un érotisme torride. Le scénario est très bien ficelé et tient la route de bout en bout, ce qui est appréciable et la fin augure d’un excellent tome deux.

 

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