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9/10Blanche Epiphanie - Intégrale tome 2

/ Critique - écrit par Maixent, le 24/12/2011
Notre verdict : 9/10 - I love NY (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

On conserve la même qualité pour ce deuxième tome avec toujours autant d'humour et de fantaisie, un récit picaresque dans le New York début de siècle servi par un dessin expressif

Ce second tome de l’intégrale de Blanche Epiphanie, dans la continuité narrative du premier opus, permet de retrouver des personnages déjà présents. Outre l’inénarrable Défendar, chevalier au cœur pur et à la pantomime grotesque affublé de son éternel justaucorps noir moulant son anatomie de gringalet et notre héroïne toujours aussi prompte à se fourrer dans les pires situations, larmoyante et possédant une intelligence digne d’une morue fumée hébétée sont aussi présents l’infâme banquier Adolphus et sa perfide maîtresse Morena auxquels s’est adjoint le répugnant Grabu que nous avions déjà vu en capitaine de bateau dans le tome précédent. A cette galerie déjà riche s’ajoute un dernier personnage haut en couleur, un énigmatique et rusé magicien, sorte de Mandrake de pacotille répondant au nom très italien de Giuseppe Balzamore.

L’action se déroule en deux parties. Dans un premier temps, nos héros, fuyant
Welcome NY
l’Afrique se trouvent embarqués pour une traversée de l’Atlantique à bord du bateau d’Adolphus. Prétexte à machination et vaudeville, ce huis-clos imposé mettant les différentes parties en présence permet aux auteurs de développer d’autant plus leur intérêt pour le théâtre de boulevard. Durant la traversée, ce n’est que parties de cache-cache endiablées à la manière des Looney Tunes , l’exiguïté de l’espace obligeant nos héros à se contorsionner et à exploiter les moindres recoins. Bien sûr, Blanche se retrouvera au sein d’une machination diabolique en vue de lui extirper par la force s’il le faut sa virginité et finira ligotée dans une malle à fond de cale mais c’est sans compter sur l’extraordinaire verve des auteurs prêts à tous les scénarios imaginables et même les plus improbables du moment qu’ils sont vraisemblables. D’où une révélation digne de Star Wars et de la confrontation Darth Vader/Luke Skywalker où l’on en apprend un peu plus sur la naissance de Blanche et comment elle est devenue cette pauvre orpheline par un odieux coup du sort digne de la fatalité si présente dans les livres de Thomas Hardy.

La seconde partie se déroule dans un New York fantasmé, une ville gluante où l’opposition entre les riches et les pauvres est clairement marquée, ces derniers se
A fond de cale

déplaçant en haillons, parfois cul-de-jatte et avec des gouailles de surineur  prêts à commettre les pires exactions tandis que les autres arborent fièrement nœud papillon et moustache lustrée et ne se déplacent que de palace en palace. Tombée sous l’influence d’un magicien trop poli pour être honnête Blanche est comme à son habitude baladée par son destin sur lequel elle n’a aucune influence et devient l’assistante du magicien tandis que Défendar, désargenté, parcourt la ville à la recherche de la pauvre enfant. On y retrouve un autre personnage, semi-historique celui-ci puisqu’il s’agit de Nick Carter, détective qui fût un héros de feuilletons policiers américains des années 1890 mais là encore avec des traits grossis, comme une caricature de lui-même tournée en ridicule.


Dans les bas fond de NY
Au niveau graphique, la qualité est toujours au rendez-vous. En témoigne cette scène remarquable de tempête durant laquelle les phylactères se mettent littéralement à tanguer sur la page entraînant le lecteur dans une valse d’ivrogne qui le fait d’autant plus participer à l’action. Les décors 1900 sont également très bien travaillés, plongeant le lecteur en un autre temps et faisant revivre un New York disparu avec moult détails. Les costumes également sont étudiés avec soin, que ce soit les drapés en crinoline, les costumes cintrés de ces messieurs ou les haillons habilement placés de Blanche qui passe quand même les trois quarts de l’album à moitié nue même si ce n’est jamais de son fait.

L’album se conclue sur un climax insoutenable laissant le lecteur pantelant et avide. Mais que va-t-il encore arriver à cette pauvre enfant maltraitée par la vie subissant l’influence néfaste de ce magicien séducteur ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode prévu pour le début de l’année…

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