9/10Bikini Atoll - Tome 2 - Première partie

/ Critique - écrit par Maixent, le 17/11/2018
Notre verdict : 9/10 - Sur la plage abandonnée... (Ecrivez votre critique)

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Tueurs sanguinaires et bombes atomiques

Souvenez-vous du premier tome de Bikini Atoll. Poursuivis par un psychotique irradié, cannibale et défiguré, la bande d’amis en excursion sur l’île s’était réduite à peau de chagrin. Seuls Alan le jeune homme trisomique et Lysette ont survécus  comme ils peuvent sur cette île déserte qui leur rappelle à chaque instant la mort violente de leurs proches. Trente trois jours plus tard, un yacht les repère enfin. La délivrance ?


Sea

 

Dans la plus pure tradition de la série B, le bateau n’est pas occupé par des scientifiques ou des plaisanciers mais par une équipe de tournage accompagnée de ravissantes mannequins ici pour prendre des photos de charme au milieu des palmiers et du sable fin. Prétexte avoué pour dessiner corps nus et sensuels, ce qui, la recette a été mainte fois éprouvée, renforce l’aspect horrifique que l’on sait proche. On fait donc connaissance avec l’ensemble de l’équipe, les auteurs prenant le temps de développer leurs personnages entre chamailleries d’ego déplacé et insouciance mais toujours dans une tension palpable à travers le personnage de Lysette qui sait pertinemment les dangers de l’île - notamment ce requin irradié qui a attaqué son compagnon - mais ne parvient pas à convaincre cette bande de prétentieux sûrs d’eux qu’il faut partir au plus vite.
Sex

 

Ce n’est qu’à la moitié du livre que le véritable ennemi apparaît, une vingtaine d’hommes équipés de masques et de combinaisons qui débarquent sur l’île pour une raison inconnue, disposant d’un matériel conséquent, dont des armes. Dans le même moment Alan couche avec une des filles. Or, c’est la règle numéro un des films gore, « surtout jamais de sexe. Pas d’exception. Jamais d’exception. Sexe rime avec mort » (source : Randy, Scream). A partir de là, le shooting léger prend une autre direction, une partie de l’équipe disparaissant peu après. Mais la production ne s’en inquiète pas trop et tandis que certains se font démembrer dans une cave, les autres, persuadés qu’ils se sont juste égarés, poursuivent le shooting auprès d’un dôme funeste et magnifique, une grosse dalle de béton qui a servi a enterrer profondément des déchets toxiques. C’est là que les hommes mystérieux vont les retrouver…


and torture

 

Le récit s’achève sur ce climax insoutenable, quasiment tout l’album ayant été construit de manière à présenter les personnages. Et il est vrai que l’on est déçu non pas de la qualité ou de la narration, mais parce que la deuxième partie n’est pas encore sortie ! Et oui, c’est écrit qu’il s’agit de la première partie, mais c’est écrit tout petit !

Il n’y a rien à redire à la qualité de Bikini Atoll qui maîtrise parfaitement les codes du genre. Tout est calculé jusqu’à la lenteur des dialogues faussement inutiles et les traits de caractère à la fois facilement définissables mais jamais simplistes ; le tout sur fond de dénonciation du nucléaire et de ses excès. Quant au dessin, idem, une qualité graphique remarquable qui sert parfaitement le propos.

Ce deuxième tome  de Bikini Atoll est toujours une réussite, on ne perd pas en intensité, ni en qualité et encore moins en plaisir de lecture. Tel un requin mutant, on dévore l’ouvrage d’une traite en attendant la suite avec impatience…

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