6.5/10Big K - tome 1 - l'appel du sang

/ Critique - écrit par Maixent, le 03/02/2012
Notre verdict : 6.5/10 - K social (Ecrivez votre critique)

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Big K aurait pu devenir Daredevil ou Rorschach, un super héros controversé, mais un super héros quand même. Il aurait pu aussi devenir un Dexter, se servir de ses pulsions et de son enfance traumatisante comme moyens de résilience pour œuvrer pour le bien. Au lieu de ça, il est tueur au service de la mafia.
Big K est la noirceur incarnée, ne faisant transparaître aucun sentiment, exécutant les ordres et tuant aussi pour son propre plaisir. Il est un peu la caricature du tueur à gages comme on peut le voir dans les séries télé américaines. Froid, impassible,
Big K au travail
mais avec une certaine morale tout de même, une parcelle d’humanité qui transparaît confronté au « trop ».  Le pitch est assez simple, l’album débute par un contrat, liquider un des membres de l’organisation convaincu d’avoir trahi la famille ; puis on suit Big K de bars glauques en clubs de strip-tease jusqu’à la piaule d’un dealer qui, d’après les critères du tueur, mérite de mourir, le tout entrecoupé de flash-backs.
Ce qui est intéressant dans l’album, même s’il n’y a rien de bien innovant, c’est de montrer Big K comme un produit. Issu d’un New York misérable et violent, il se forge son identité à coup de gifles dans la tête jusqu’au traumatisme final, l’assassinat pur et simple de son frère par son père. En effet, ce dernier ayant tenté de s’interposer lorsque sa mère se recevait sa raclée quotidienne, il est violement projeté contre un mur sous les yeux de Big K. Dès lors, sa vie prend un nouveau tournant et, d’enfant chétif il devient la terreur du quartier. L’utilisation de ces flash-backs mettent en avant le point de rupture qui peut forger toute la vie d’adulte d’un enfant. Le procédé est classique mais a le mérite d’aider le lecteur à mieux cerner le personnage, d’autant plus dans un album d’exposition destiné à devenir une série.
Il y a de nombreuses références. On perçoit très vite l’inspiration des romans noirs, mais surtout celle des films des années 70 tels Taxi Driver, la trilogie Le Parrain ou
Trop c'est trop
Casino (dont l’action se passe dans les années 70). Il y a aussi un côté Clint Eastwood dans les films de Sergio Leone. Big K a cette froideur, cette impassibilité et cette frontalité propre à un héros de western. Loin de pomper ouvertement ces styles, les auteurs cherchent à se les réapproprier et, même si l’album ne brille pas par son originalité, les éléments y sont traités avec respect. Mais surtout, comme Tony Montana était librement inspiré de Scarface, Big K est une adaptation de la vie de Richard Kuklinski, véritable tueur de la mafia ayant opéré dans les années 70, décédé en 2006 et ayant plus de 200 victimes à son actif.
Au niveau du dessin, on dénote un certain style. Les personnages sont travaillés, avec des coups de crayon rageurs sur des personnages expressifs et mouvementés. On est pris dans un tourbillon, une profusion d’acteurs qui se meuvent aisément entre les cases. Le style graphique et narratif correspondent bien à l’ambiance noire.
Ce premier volume prometteur séduira probablement les amateurs du genre, mais aussi les curieux prêts à se plonger dans un monde inconnu et désireux d’essayer de comprendre les mécanismes internes d’un homme de glace qui tue sans aucun remords.

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