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1/10Betty Page Reine des pin-up

/ Critique - écrit par Maixent, le 10/12/2011
Notre verdict : 1/10 - Betty Monde (Ecrivez votre critique)

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Un pastiche de mauvaise qualité, irrespectueux et vulgaire. On se demande bien pourquoi rééditer un tel album...

Betty Page est un symbole, une icône. Ses photos ont fait le tour du monde, sa vie a été disséquée sous forme de livres ou de documentaires. Elle est devenue immortelle a inspiré des centaines d’artistes. Ses photos, malgré le fait qu’elles datent des années 50 restent toujours actuelles et tout le monde a en tête son sourire et ses courbes. Elle est la girl next door dont tout le monde rêve. Bref, impossible de pouvoir ignorer ce phénomène et inutile de revenir là-dessus, il y a pour cela plusieurs biographies officielles. Il est donc légitime que Jaap de Boer, comme beaucoup, éprouve un réel attachement à sa personne et décide de lui rendre hommage selon un média qu’il connaît et qu’il a exploité avec succès avec Natacha la petite hôtesse, le pastiche érotique. Alors pourquoi se compromettre avec cet album indigne plus proche des Aventures de Bigard en bande dessinée que d’un ouvrage érotique.

Reprenant la trame narrative des histoires de l’Oncle Paul publiées à l’époque dans
Betty dans Playboy
Spirou, on suit les tribulations de la jeune femme qui passe dès le départ pour une salope se servant de son corps afin de réussir dans la vie, qui couche uniquement par intérêt, et ce dès son plus  jeune âge. Allant même jusqu’à voler le mari de sa sœur obèse qui s’empiffre d’autant plus. Ou comment en faire un personnage détestable, sans aucun fond, possédant le QI d’une huître bouillie et n’ayant aucune moralité. Tous les gags sont téléphonés et tombent à plat dans un ricanement grossier. Ce n’est qu’une succession de clichés sur la femme,  cette créature insouciante et un peu bêtasse incapable de tenir un volant et n’ayant que sa plastique pour s’en sortir face à des hommes abrutis et libidineux. En fait, on a l’impression de lire un album sur Les Blondes dont le succès ne se dément malheureusement pas avec un humour déplacé et manquant cruellement de finesse. Est-ce vraiment drôle cet agriculteur qui demande à Betty de se promener dans un champ à talons, formant ainsi une multitude de petits trous pour qu’il puisse repiquer ses poireaux ?

On pourrait se dire que le dessin sauve l’ensemble ou même un certain dynamisme dans la couleur mais même cela semble bâclé et si on reconnaît le style du
Femme au volant
dessinateur et les poses célèbres de Betty Page, on se dit à chaque image qu’il aurait pu mieux faire. La preuve en est des illustrations en fin d’album qui rappellent vu que l’on commençait à en douter que Jaap de Boer est un bon dessinateur. Il y a même de jolies photos de Betty Page à la fin, honteusement ridicules car gâchées par un photomontage minable mettant en scène l’auteur et son héroïne. Difficile d’être plus ringard.

On se demande aussi pourquoi avoir réédité un tel ouvrage. Il devait sans doute croupir au fond d’un tiroir, et quelqu’un d’inattentif n’a lu que le titre, ne s’est pas occupé du contenu et a dû se dire que ça se vendrait bien à Noël. Si ce n’est par négligence, ce qui serait presque excusable vu le contexte, c’est une tentative de name dropping pour booster les ventes et ce n’est pas très glorieux. Si quelqu’un a pu penser que cet ouvrage manquait au catalogue de la Musardine, là, ça devient vraiment incompréhensible. De toute façon, ce n’était pas une très bonne idée en terme d’image de marque pour une maison capable de grands albums.

Donc Betty Page, si le personnage vous intéresse, il y a des photos, des documentaires, des biographies, de très beaux dessins réalistes comme ceux d’Olivia de Bernardinis. Il y a tous les supports possibles et imaginables mais il faut absolument éviter de lire cet album qui n’apporte absolument rien et pire, insulte la mémoire d’une icône de l’érotisme du XXeme siècle.

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