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1/10Belle de Nuit

/ Critique - écrit par Maixent, le 25/10/2015
Notre verdict : 1/10 - Double vie (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Tous les clichés du mauvais porno en un seul album.

Je relisais récemment Watchmen et je me disais que c’était un album intemporel. Certes, datant de 1986, on y trouve quelques éléments qui renvoient à une époque., mais dans l’ensemble, la modernité est toujours aussi présente, que ce soit dans la structure de la page, la colorisation très vive, ou le propos, faisant définitivement basculer  les comics dans le monde adulte.


True Romance

Et puis j’ai ouvert Belle de Nuit et c’est exactement l’inverse. Un album daté avant même d’exister. Paru à la fin des années 90, il ressemble à un vieil album des années 80.  On se retrouve face aux mauvaises pages de Bd adult’, ce mensuel planqué en haut des placards d’où certains grands noms sont sortis, mais dont la plupart des planches restent d’infâmes gribouillages mal imprimés. Alors oui, on pourra toujours invoquer la nostalgie de ce porno fait à la chaîne, où l’histoire ne compte pas vraiment, le dessin à peine plus du moment où l’on entraperçoit un bout de sein. Mais à un moment le souvenir des premiers émois ne suffit plus.

Pas d’excuses pour Belle de Nuit. C’est juste mauvais. Rien que l’idée de base est mauvaise. Une fille de la haute bourgeoisie, un rien perverse, blonde évidemment, qui va s’encanailler avec les racailles des quartiers mal famés. Qui dit mal famés dit noirs, parce que oui, le sexe « interracial », on a beau dire, ça reste toujours un cliché excitant. Alors la petite blondinette à peine pubère qui se fait gangbanguer par une dizaine de gros blacks dans un cinéma porno c’est le summum.Je ne pense pas qu’il faille targuer l’album de racisme, là n’est pas le sujet. Mais Belle de Nuit véhicule tellement de clichés à la
Un petit gangbang sans consentement, mais Jessica apprécie... .

 

minute que ça en devient insultant. Du coup on peine à s’intéresser à l’histoire. D’ailleurs peut-on vraiment parler de narration ? Jessica Hampton Brooks rentre de l’école puis va se masturber sur son lit. Puis elle revêt sa tenue spéciale pétasse Barb Wire pour trainer dans des coins sordides où elle se fait limite violer, mais ça l’excite quand même un peu. (On reste dans le cliché hein). Puis elle rencontre José, et là c’est le coup de foudre. Enfin, le coup de bite. Oh et puis on essaye pas d’être crédible. Quand on a le coup de foudre avec quelqu’un, on baise direct dans la rue. Ah non ? Pas vous ? Bon… On va s’arrêter là hein. A part ce point culminant et oh combien excitant de la rencontre, Jessica couche avec son prof, Jessica excite son majordome, Jessica allume une lesbienne, Jessica se force à coucher avec un flic mais finalement elle aime ça. Bref tout cela finit par Jessica qui n’en a rien à foutre de personne et retourne sur son lit remettre sa main entre ses cuisses (sic).

J’ai essayé de trouver les bons côtés de l’album mais rien à faire. Même les scènes de sexe ne sont pas réussies. Elles sont cadrées comme un porno amateur sur Youporn et n’offrent aucune subtilité à même de surprendre le lecteur. De plus, le dessin n’aide pas avec un style graphique daté qui, en 2015, pique les yeux aux non-initiés.

Belle de Nuit est aussi érotique  que la bande dessinée Jo de Derib était efficace pour la prévention de la drogue… On comprend le but de l’album, on comprend le message, mais dans les deux cas on s’emmerde profondément et on oublie ce que l’album voulait dire, concentré que nous sommes sur les défauts. 

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