8/10Beast - Tome 1 - Yunze, le dieu gardien

/ Critique - écrit par athanagor, le 07/06/2008
Notre verdict : 8/10 - Attention ! Dieu méchant (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Basé sur une illustration et une histoire d'inspiration manga, le premier tome de cette trilogie annoncée s'avère être bougrement efficace.

Vu l'hideuse couverture que nous donne à voir cette nouvelle série, on a a priori plutôt tendance à se méfier. On se croirait revenu dans les années 80, à l'époque où les posters de bagnoles en 3D côtoyaient, dans les chambres à coucher, celui d'une panthère noire qui sort de l'ombre. Revival donc ? Pas vraiment ! On est plus sur une veine d'inspiration manga, qui même si elle ne date pas d'hier, inspire inlassablement une impression de modernité. Et quand on prend la peine de commencer la lecture pour savoir ce qu'il en est vraiment, on est agréablement surpris.

Arf...
Arf...
Sur une planète dévastée par la guerre entre les humains et les droïdes, des divinités anciennes et mystérieuses ont décidé de revenir mettre un peu d'ordre dans tout ce bazar. Prenant la forme d'animaux gigantesques et accompagnées chacune d'un humain de compagnie, elles semblent suivre des objectifs différents. Mais quel que soit ce dernier, la première étape passe obligatoirement par la "clé", une petite fille que la guerre a poussée à un énorme sacrifice. Restant en retrait, trois des divinités comptent sur Yunze le gardien, divinité qui a pris la forme d'un chien, pour retrouver la trace de cette clé. Ceci fait on se doute bien qu'elles ne resteront pas les pattes (voire les écailles) croisées.

Vite pris dans la dynamique de l'action et dans le déroulement de l'histoire, on s'intéresse vraiment à la quête de ce gros to
utou chevelu et de son compagnon un peu gouailleur, Eji. Poussé par un habile partage entre l'action et la narration, on ne s'ennuie pas une seconde de ce monde où la richesse des perspectives l'emporte d'un cheveu sur l'attrait des constructions et des couleurs. L'action, jouissant d'un enchaînement tonique, reste, même dans ses aspects les plus échevelés, limpide et se voit confortée par la vie que le trait de Guerrero insuffle aux personnages.

S'agissant de ce que l'on peut appeler sans honte un manga européen, c'est non seulement le graphisme, mais également l'histoire, élaborée par Thomas Cheilan, qui emprunte ses références à cette forme d'ouvrages. Ainsi l'intrigue met en scène des divinités animales à la Mononoke Hime (Princesse Mononoké), le tout se déroulant dans une espèce de terre post-apocalyptique qui trouvait ses premières heures de gloire dans Hokuto no Ken (Ken le survivant). Mais ne vous inquiétez pas, aucune trace de Kimengumi. De plus, et dans la traditiMIAOU !!!!
MIAOU !!!!
on manga, toute l'histoire qui se déroule dans un hypothétique futur emprunte énormément à un moyen-âge à mi chemin entre Kyoto et la forêt de Sherwood (et non, je ne parle pas du Pakistan !).

L'album attire également énormément de sympathie par le biais de ses divinités animales (quoique le serpent soit moyennement cool), et surtout Yunze qui, bien qu'extrêmement sérieux et concentré dans la quête et le combat, est parfois un bon gros con de clébard dans les poils duquel on a envie d'enfoncer ses doigts. Il s'agit certes d'une ficelle un peu facile, mais quand elle est bien amenée, tout le monde est généralement content.

Emporté par l'ambiance, l'histoire et les illustrations, on tourne les pages sans s'en apercevoir, bercé par le rythme naturel de toute la réalisation et par l'esthétisme qui s'en dégage. Vivement la suite !

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