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3/10Ruines

/ Critique - écrit par Maixent, le 20/09/2020
Notre verdict : 3/10 - Pixel art (Ecrivez votre critique)

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Essais graphiques...

Il y a des auteurs érotiques dont on reconnaît le style au premier coup d'oeil tant ils ont une obsession précise de l'image du corps qui, semble-t-il, ne pourra jamais être satisfaite malgré la répétition des courbes. Il en est ainsi du plus connu, Manara, qui a mis en avant un type physique devenu sa marque de fabrique sur lequel il revient depuis des années et il en est de même pour Riverstone qui donne à voir en France depuis les années 80 des femmes à la taille marquée, très longilignes, les fesses en poire, les seins lourds et un joli minois dissimulant une fausse innocence. Et si le style en question est toujours reconnaissable ici, la technique a cependant évolué.

Il faut se souvenir dans les années 2000 de ces tentatives de dessinateurs de s'approprier les techniques modernes issues des ordinateurs ou des jeux vidéos. On a ainsi pu voir Yslaire, le père de la vaste saga historique et  dramatique des Sambre, proposer un album plus expérimental qu'était XXe ciel.com, créant un objet hybride, pas toujours réussi, dans les premiers pas de la tablette graphique, bien avant que celle-ci soit un outil pleinement maîtrisé à même de créer des œuvres d'une qualité indéniable. On peut même dire qu'il y a eu de vrais loupés avant que l'ordinateur n'apporte un plus au dessin et des ambiances merveilleuses qu'il aurait été difficile de voir avec un autre outil, et c'est le cas de Ruines qui offre autant de beauté graphique qu'un vieil Atari sans même la nostalgie du retrogaming.


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C'est bien tout le problème de cet album dont même la couverture ressemble à une image volée sur Google avec trop de pixels. Certes on retrouve la beauté des corps de Riverstone que l'on a pu admirer dans Nagarya ou Chloé mais avec un traitement dégueulasse qui ruine toute velléité d'érotisme ou d'excitation. Et si jusqu'à la vingt cinquième page, il y a encore un peu de carnation et de vie avec des choix colorimétriques intéressants et quelque chose de visqueux avec tout ce qu'il faut de fluides attirants, on bouscule ensuite dans le hideux avec autant de sex-appeal que les premiers Sims. Et on évoquera même pas les décors en fond de case qui évoquent carrément un plantage de Windows.
DR.

 

Quant à l'histoire, les amateurs de Rivertsone apprécieront. Des dialogues métaphysiques à la Druillet, un peu évaporés et perchés , entrecoupés de sexe et de borborygmes, donnent à l'ensemble un aspect irréel. Le tout posé sur les ruines d'un monde disparu où nos deux héros, parmi les rares survivants errent sans vraiment de but. Des héros nommés Evy et Wally, rappelant le film d'animation Pixar malgré le fait que la première version de Ruines, Evy en ruines, soit publiée dans BD adult en  2005 soit trois ans avant la sortie de Wall-e, mais l'enquête n'est pas allée plus loin.

Au final, Ruines, au début c'est sympa dans l'excès, dans des corps étirés et torturés, dans le sens où ils n'appartiennent pas à une morphologie humaine viable, mais avec style et panache et toujours cette logorrhée métaphysique non pas dénuée de charme. Mais ensuite, on part vraiment das le n'importe quoi franchement dérangeant d'un point de vue esthétique. On est loin de la stupéfaction passée, quand le dessin happait le lecteur, conférant à Riverstone son statut de référence. Comme quoi, parfois la technologie ce n'est pas une bonne idée et un bon vieux crayon fait largement l'affaire.

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