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9/10La Belle et la Bête - Tome 2 - L'ultime pétale

/ Critique - écrit par Maixent, le 16/12/2018
Notre verdict : 9/10 - L'appel de la forêt (Ecrivez votre critique)

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Quand la Bête rencontre la Belle.

Suite et fin de La Belle et la Bête par Trif et Celestini, ce deuxième opus est dans la continuité directe du premier avec toujours les même qualités au dessin et au scénario. Nous nous étions arrêtés sur une scène de la Belle dans une séance de masturbation si intense en pensant à la Bête alors qu’il était encore un jeune et sémillant prince, qu’une rose rouge s’était tatouée d’elle-même sur son aine.


S'apprivoiser

 

Le récit reprend sur un rêve de la Belle. Un rêve étrange fait de liberté et d’animalité qui la bouleverse. A son réveil, sa vie et ses certitudes ont changé. Elle se rend alors dans les appartements de la Bête et découvre qu’une fois endormi, il recouvre son aspect d’origine. Mais dans son extrême solitude, il n’a pu qu’ignorer cette information. Se considérant maintenant comme l’élue promise à sauver la Bête de sa malédiction, la Belle, dans un récit tendre et amoureux, va tout faire pour lui venir en aide. Mais alors que l’idylle se noue avec des liens solides matérialisés par cette rose rouge qui ne cesse de s’épanouir sur le corps de la Belle, une violente dispute éclate et la Belle rejoint son village. Alors que la rose disparaît, la Belle retrouve la Bête,  trop tard. Il ne pourra redevenir un homme. Mais un amour et un désir si profonds ne peuvent s’éteindre et ils partageront dorénavant la malédiction sous l’œil bienveillant de la fée qui a pardonné depuis longtemps à son agresseur.
Se battre

 

Cette histoire est au final beaucoup plus ambigüe que celle de Disney où l’on voit triompher les bons sentiments et où ils vécurent heureux avec sans doute beaucoup d’enfants. Ici, les amants sont réunis pour l’éternité mais c’est leur bestialité qui prédomine. Ce qui est visible dans l’ensemble de l’album, à la fois doux dans le traitement du dessin et du sentiment amoureux, mais aussi violent envers ces hommes qui les agressent et pour lesquels la pitié n’est pas de mise. Car ce que montre l’album c’est que l’Amour e t un sentiment violent et dévastateur. On verra la Belle se donner sans aucune hésitation à la Bête, toujours dans sa forme monstrueuse dans un coït animal et passionné. Ils pourront ensuite répondre à l’appel de la forêt si bien décrit par Jack London, cette force au-delà de l’humanité, du temps et des conventions qui transcende notre simple volonté.


Se donner

 

Tiff et Celestini livrent en cela une œuvre subversive, non pas dans la représentation de l’érotisme finalement diffus et léger, avec beaucoup de  nudité mais pas de réelle pornographie, mais dans l’absence d’érotisme. La Belle et la Bête ne se donnent pas en spectacle, ils sont. Au-delà même des considérations tels que le meurtre nécessaire à la survie de leur bulle protectrice ou le viol dont la Bête a obtenu la rédemption.  Et la plus grande subversion n’est-elle pas de vivre libre ?

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