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8/10Jungle Fantasy - Ivory - Volume 2

/ Critique - écrit par Maixent, le 14/11/2021
Notre verdict : 8/10 - Complot reptoïde (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - laisser un commentaire

Tags : jungle ivory fantasy tome livres litterature dessins

Une femme face aux hommes et aux lézards

Jungle fantasy c'est tout un univers. On avait déjà vu la section Vixens mettant en scène diverses héroïnes dans un monde préhistorique d'héroïc-fantasy, ici nous nous concentrons uniquement sur les aventures d'Ivory, sorte de Shanna par sa blondeur mais encore plus court vêtue, souvent nue en fait... Dans le premier tome, Ivory avait quitté sa tribu pour retrouver son bébé. Après moultes péripéties, elle est enfin parvenue au bord de l'océan afin de suivre la piste des hommes de la mer, on va donc sortir de la jungle hostile mais l'univers aquatique ne l'est pas moins.


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La première histoire dessinée par Richard Ortiz, assez courte se déroule donc dans la jungle avec une progression conventionnelle du récit. Sur une trentaine de page, Ivory va sauver un enfant d'une attaque de raptors avant de rencontrer son père, un homme dans toute sa lâcheté et sa concupiscence qui après avoir profité vite fait de son corps l'emmène dans sa grotte pour l'ajouter à son harem de pacotille. Après une attaque des « bas du front », Ivory quitte l'endroit avec l'information qu'elle recherchait, soit la localisation des hommes de la mer. Un récit qui fait donc seulement le lien, sans vraiment grand intérêt mais déjà une certaine violence, beaucoup de sexe et la confirmation d'une héroïne forte pour annoncer le récit principal, et des antagonistes plus intéressants, les hommes-lézards.
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Arrivée sur la plage, après avoir combattu un requin géant (la routine...), Ivory refait surface la poitrine tendue et la crinière dans le vent. Elle s'accorde alors un repos bien mérité interrompu ni plus ni moins par un viol, un homme de la mer profitant de son sommeil pour la pénétrer. Elle s'enfuit mais tombe nez à nez avec une petite troupe d'hommes lézard qui la capturent avant de l’entraîner avec d'autres captives et captifs sur leur île. Les hommes lézards (aujourd'hui disparus à ma connaissance...) sont un peuple beaucoup plus évolué que les humains, ayant fondé une civilisation entre la mythique Babylone et les aztèques. Mais ils possèdent les mêmes travers que leurs homologues sans écailles, soit un goût prononcé pour l'esclavage et la violence, ce dont notre héroïne va faire les frais. Les conditions de détention sont ignobles. Quand il ne faut pas jouer les putains pour les lézards ou être jetée en pâture aux bêtes féroces, ce sont les hommes dont il faut se méfier, toujours prêts à asseoir leur autorité ou à profiter des faveurs des détenues de gré ou de force. Évidemment, Ivory, chantre de la démocratie avant l'heure ralliera les peuples opprimés tel un Spartacus des cavernes pour renverser ce système totalitaire et immoral. Vive Ivory. Si elle a redonné espoir au peuple de la cité de Saur, elle n'a cependant pas retrouvé son fils, on peut donc s'attendre à ce que ses aventures se poursuivent.


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Cet arc narratif de Jungle fantasy joue frontalement la carte de l'aventure. Rien de bien nouveau dans le scénario. De Mad Max aux Dix commandements en passant par La Planète des Singes, il y a toujours des puissants qui asservissent des peuples, des salauds qui en profitent et des leaders charismatiques qui vont tenter de changer les choses et de retrouver leur liberté. Le schéma narratif n'a donc rien de surprenant cependant il est très efficace. Entrecoupé de scènes de sexes explicites, il n'en est pas moins cohérent et vivace. On ressent la haine d'Ivory, la passion qui la guide jusqu'à prendre les armes et ce dégoût des puissants. Mutilée, humiliée, violée, Ivory n'en reste pas moins forte et douce à la fois, ralliant par son humanisme l'ensemble des femmes dans une envolée proche des Amazones. En ressort un très beau personnage, très bien travaillé et certes la sexualité et la nudité sont omniprésents mais cela renforce le propos et cette idée de révolte. Rien de novateur donc mais cela n'empêche pas une excellente efficacité narrative et un réel plaisir de lecture. D'autant que le dessin, et en particulier celui d'Emiliano Urdinola est plus précis et détaillé. Connu pour sa série horrifique Crossed on ressent bien l'angoisse des personnages dans le trait où leur rage de vivre dans les postures. Sans oublier évidemment la beauté des corps puissants dans le plus pur style comics qui dégagent une tension érotique de chaque instant, surtout qu'il y a surtout des dessins pleine page permettant de mettre en avant les détails. 

Comme quoi on peut faire un bon travail avec des filles à poil et des lézards avec un gros sexe même si ça ressemble d'emblée à une série B de piètre qualité.

 

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