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8.5/10Deanna et les zombis

/ Critique - écrit par Maixent, le 24/03/2019
Notre verdict : 8.5/10 - Orgie de zombis (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Sexe, horreur, etc.

Il faut croire que lier sexe et morts-vivants est un thème à la mode. A moins que ce ne soit le vieil adage disant que tout ce qui a du succès dans la sphère culturelle a son pendant sexualisé. Toujours est-il que quelques mois après The lust of us paru chez Dynamite, c’est au tour de Tabou d’assembler horreur et plaisir dans une formule grotesque qui a fait ses preuves.


S'il te plait raconte moi une histoire

 

Construit selon le schéma éprouvé des Mille et une nuits, Deanna et les zombis se veut un conte horrifique. On y suit Deanna, un peu tête brûlée, qui, pour épater ses copines, en appelle aux morts pour profaner son corps. Mais le problème avec les incantations, c’est que parfois ça marche (pourront en témoigner Beetlejuice ou Candyman) et les morts se lèvent pour réclamer ce qui leur a été promis. Afin de gagner du temps, notre jeune effrontée se lance alors dans le récit de ses aventures au royaume infernal de Carnigore, jurant de se soumettre à l’assemblée de cadavres putrides à la fin de son récit.
Deanna assaillie par un Kraken

 

Commence alors la narration de sa formidable épopée au sein de cet horrible cloaque qu’est Carnigore, et pour bien plonger le lecteur dans toute son horreur, William Skaar passe à la couleur alors que les parties dans le cimetière sont en noir et blanc. Il s’agit d’un monde rongé par le mal, à l’instar de celui de Druuna, peuplé de créatures vicieuses et dégoulinantes. Des êtres putrides qui rappellent le peuple des abysses, ces monstres gluants qui vivent heureusement assez loin pour que l’on n’y soit pas confronté mais dont l’aspect rebutant hantent les cauchemars. C’est d’ailleurs mis en valeur par le choix de la palette graphique, dans les tons rose pâle et violet, évoquant un Kraken luminescent souffrant de desquamation prêt à s’abattre sur sa proie innocente.


La malédiction de Béatrice

 

Dans son périple aux tréfonds de cet Enfer, Deanna sera guidée par Béatrice, à la fois quête d’Absolu et Guide spirituel dans la Divine Comédie de Dante, qui se révélera être  un personnage trouble et envoûtant au potentiel érotique sans limites. Amante puis amant suite à un changement de sexe subit en représailles à l’aide apportée à Deanna, elle est le personnage clef du récit, extrêmement bien travaillée au niveau des émotions. Car ce qui est remarquable ici, malgré l’aspect série B, c’est la profondeur des protagonistes qui embarquent réellement le lecteur et le plonge dans l’ambiance très rapidement. Une ambiance mise en valeur également par le niveau de vocabulaire et la qualité des dialogues, empruntant au champ lexical de l’horreur avec talent. Le pouvoir des mots est ici central avec l’invocation d’abord, puis l’histoire racontée par Deanna, surpassant les besoins de chair. Mais aussi le choix de Deanna de raconter cette histoire et pas une autre car malgré l’atmosphère de stupre présente dans tout l’album, Deanna ne se décrit jamais comme ayant des rapports sexuels avec d’autres que Béatrice, sous entendant qu’elle ne se livrera pas aux morts malgré son engagement.

Un récit beaucoup plus riche et dense que prévu, qui suinte par tous les pores et offre de plus, à la fin, une interview exclusive de Deanna pour une totale mise en abime.

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