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8/10Achille - tome 3 - De fer et de chair

/ Critique - écrit par Maixent, le 14/03/2021
Notre verdict : 8/10 - Dans la mort et au-delà (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Ultimes combats. Ultime amour.

Troisième et dernier chant pour Achille, le grand héros grec connu de tous et quasi invincible. Toujours narrés de manière épique par Cosimo Ferri, ses exploits au combat comme dans l'intimité en font un modèle de virilité, de bravoure, de force, de courage et de passion, le tout servi par un dessin où les corps exultent et les postures n’évoquent que force et puissance. Un triptyque qui se clôt ici sur la chute de Troie ; un conflit légendaire et une épopée dramatique qu'il était difficile de faire revivre au XXIe siècle.


Première rencontre avec Polyxène

 

Le second tome s'achevait sur la mort de Patrocle et un Achille brisé par la mort de son amant. Tout naturellement, De fer et de chair présente donc un héros mélancolique, enlisé dans une guerre sans fin que seule la rencontre avec Polyxène pourra détourner de son mal être. Fille de Priam, roi de Troie et sœur de Pâris, au centre de ce conflit sans précédents, elle est l'incarnation de la jeunesse, de la douceur et de l'amour, permettant à notre héros de retrouver goût à la vie. Ce qui va de pair avec un relâchement des sens. Achille, confiant en l'Amour confiera le secret de sa faiblesse à sa bien-aimée, résidant dans son talon, un échange surpris par Parîs qui se servira de cette information pour défaire définitivement le puissant Achille d'une flèche bien placée. C'est donc la mort d'Achille, suivie de près de celle de Polyxène qui suivra son amant éternel dans les flammes du bûcher, immolée volontaire. Le récit ne s'arrête cependant pas là, l'auteur ayant choisi d'illustrer également la fin du siège grâce à la fameuse ruse d'Ulysse et du cheval de bois.
Des combats épiques

 

Au-delà du récit que l'on a tous à peu près en tête tant il s'est inscrit durablement dans la culture populaire à travers les siècles, c'est l’interprétation qu'en fait l'auteur qui a son importance. Même si Achille est un peu trop bodybuildé sans doute par rapport aux canons de beauté de l'époque (et encore, les kouros de la période archaïque de la scullpture grecque n'en étant pas si loin), on conserve un réel attachement au texte original, bien loin de la vision du film Troy avec Brad Pitt qui s'accordait une relecture du texte et notamment l'absence des Dieux ou de Polyxène. En reprenant respectueusement le poème original et en faisant la part belle aux scènes de sexe, il est possible que cette adaptation compte parmi les plus réalistes à ce jour. Il est vrai que Homère n'est pas connu pour sa pornographie, cependant, il semble réaliste d'imaginer que la plus grande guerre de l'Antiquité soit propice à une exaltation guerrière mais aussi sexuelle et même si rien n'est vraiment précisé à ce sujet, il paraît peu probable que la Belle Hélène soit un objet de convoitise purement intellectuel dans une époque moins pudibonde que la notre. Ou du moins c'est ainsi que nous le percevons dorénavant, en témoigne la série Spartacus qui montre l'antiquité en général, qu'elle soit grecque ou romaine, comme un mélange perpétuel de sexe et de violence.


La mort d'un héros

 

Quoi qu'il en soit et peu importe les raisons historiques ou fantasmées, Achille se lit avec grand plaisir. On est pris dans cette exaltation et cette fougue, et ce du premier au dernier tome, même si on connaît déjà tous la fin. Le dessin s'adapte parfaitement à toute cette puissance, parfois surjouée, pour un combat titanesque qui a donné son sens au mot « homérique ». Cosimo Ferri a bien compris l'enjeu spectaculaire et son dessin tout en force apporte d'autant plus au récit.

Une trilogie réussie et maîtrisée de bout en bout par un auteur qui progresse sans cesse depuis Mara et devient une référence incontournable de la bande dessinée érotique.

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