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8/10Achille -tome 2 - Pour l'amour de Patrocle

/ Critique - écrit par Maixent, le 29/09/2019
Notre verdict : 8/10 - War of gods (Ecrivez votre critique)

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Des Dieux et des hommes.

Cosimo Ferri poursuit son adaptation de L’Illiade avec ce second opus, tout aussi graphique que le précédent.


Aphrodite, Hélène et Pâris

 

Selon un certain parti pris, qui est de suivre Achille en particulier, l’auteur a fait le choix de ne pas mettre en avant les vingt-quatre chants qui composent l’œuvre originale, mais de se focaliser sur ceux dédiés plus spécifiquement au héros. En ressort non pas une œuvre tronquée, car l’ensemble est tout à fait cohérent pour le néophyte, mais un rythme différent, accélérant le récit et mettant de fait de côté certaines personnages. Ou même des pans entiers de l’histoire que de grands tableaux ne suffisent pas à mettre assez en valeur. Il en est ainsi du chant huitième, La victoire Troyenne, présenté sur une superbe double page sans paroles avec des scènes de combat très bien rendues mais qui peuvent difficilement donner la mesure du texte de Homère. On se perd donc un peu dans cette galerie de personnages riches qui ont marqué les siècles et sont ici moins développés. Cette version abrégée n’en reste pas moins extrêmement fidèle au matériau d’origine, portée par des dessins de qualité et une technique de peinture à l’huile case par case très aboutie rajoutant à la dimension épique et sculpturale.
Achille, Patrocle et Briséis

 

Le livre s’ouvre sur une rapide flashback rappelant de quelle manière brutale Briséis était devenue la compagne d’Achille avant d’en tomber amoureuse, allant même jusqu’à former un trouple avec Patrocle, amant d’Achille depuis toujours. Cette complicité et cette intimité sont d’ailleurs explicitées dans cinq planches remarquables de sensualité et de plaisir partagé. Or, Agamemnon, pour des questions de pouvoir et d’ego, rompt cet idylle, réclamant Briséis pour son seul plaisir, ce qui pousse Achille à se détourner du combat en cours. Patrocle va alors prendre sa place pour mener son armée mais sera tué par Hector. La néréide Thétis, mère d’Achille, demandera à Hépaïstos de forger des armes pour son fils afin qu’il puisse se venger, ce qui conclut d’ailleurs ce second opus en attendant le dernier.


Zeus et Héra

 

Dans l’œuvre originale, les Dieux, qui ont les faiblesses des hommes, sont extrêmement présents et intercèdent à tout bout de champ auprès de l’un ou l’autre camps, donnant une dimension magistrale au récit et le portant sur plusieurs niveaux  de grandiloquence. Ici, cette particularité qui a donné le terme « homérique », est particulièrement mise en valeur. Apollon guide la main d’Hector tandis qu’Aphrodite, protectrice de Pâris depuis qu’il l’a désignée plus belle femme du monde, n’hésite pas à le soustraire au combat, mettant en avant sa couardise, pour se téléporter avec lui et profiter d’un plan à trois avec Hélène. Et si la présence des Dieux est aussi prétexte à des scènes de sexe comme la partie de jambe en l’air douce et puissante de Zeuz et Héra, elle est aussi cruciale pour le récit.

Au final, ce deuxième album est parfaitement cohérent, toujours graphiquement irréprochable et très prenant. Bravoure, force, passion et tragédie font exploser le récit dans la plus pure tradition de l’épopée et ce travail d’adaptation respectueux force l’admiration.

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