8/10From Black to White

/ Critique - écrit par jaiina, le 22/11/2018
Notre verdict : 8/10 - Au delà de la redécouverte de l'artiste, une belle leçon d'Histoire sur la condition noire américaine depuis les années 1970. (Ecrivez votre critique)

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Une bande-dessinée qui va au-delà de la vie de Michael Jackson et traite de l'évolution de la condition noire américaine. Très instructif !

Alors que va se tenir prochainement une exposition sur Michael Jackson au Grand Palais (du 23/11/2018 au 14/02/2019), les éditions STEINKIS, en partenariat avec la RMN, nous proposent une bande dessinée sur le chanteur.

Le point fort est qu'il ne s'agit pas d'une biographie de l'artiste mais d'une traversée de quarante ans d'histoire noire américaine, avec Michal Jackson comme point de repère. Raconter la grande histoire par le biais de la petite histoire.

Curtis est donc ce jeune qui grandit à Harlem, dans les années 1970 dans des conditions difficiles et qui se découvre une passion pour la danse. Il rêve de danser pour son idole, Michael Jackson. Au fur et à mesure de sa progression (quelques vignettes par séquence de vie), l'auteur met en perspective la situation des Noirs Américains. Le parallèle sera constant. Nous suivons finalement trois histoires en une : celle de l'ascension de Curtis, de la misère au succès, ses interrogations quant à sa place, aux combats à mener. Celle du chanteur, avec ses différents albums ou choix de vie (mariage, achat de Neverland). Enfin, nous avons les grands faits historiques (assassinat de Marvin Gaye, 11 septembre 2001). Jusqu'au moment de l'espoir avec l'élection d'Obama la même année que la disparition du King of Pop. Tragique contre point.


© Steinkis 2018DR.

 

L'ouvrage est dense, chaque bulle ou presque est un mini message, très réussi graphiquement, que ce soit dans les reconstitutions de personnages que les mouvements de danse. Les faits choisis sont percutants, même si c'est peut être un peu trop rapide parfois.

Le spectateur est invité à réfléchir à ce qui s'est passé aux Etats-Unis depuis les années 1970, avec quelques piques néanmoins adressées au Chanteur à qui il sera reproché de ne pas avoir mis sa notoriété au service de la lutte pour sa minorité.

Le lecteur se prend vite d'affection pour Curtis et sa famille, plus que pour le chanteur finalement.

La réussite de l'ouvrage tient dans le choix de ne pas tomber dans la facilité d'être un énième opus sur l'artiste mais de prendre de la hauteur sur son époque et peut être la place qu'il aurait pu tenir aussi. Engagée et ne tombant pas dans la facilité, cette bande-dessinée donne à réfléchir.

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