Soleil : Spider T1, Conquêtes T2, Léo Loden T26

/ Critique - écrit par plienard, le 01/03/2019

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De jeunes séries face à une série qu'on qualifiera de classique dans le genre.

Spider - Tome 1 : Rabbit hole - note : 7/10

On connaît le duo Bec-Raffaele pour leurs séries de science-fiction en cours Prométhée ou Olympus mons. Il semble que cela ne suffise pas à remplir leur temps libre puisqu'une nouvelle série - un diptyque - voit ici le jour dans un genre légèrement différent de ce qu'on leur connaît ensemble. Le duo se voit rejoint par le scénariste Giles Daoust qui scénarise aussi Carthago adventures avec Christophe Bec aux humanoïdes associés.


© Soleil 2019.

 Ce trio offre une histoire extrêmement noire dans les quartiers les plus sombres et désoeuvrés de la ville de Détroit, cette ancienne grande ville industrielle. Une nouvelle drogue, la spyder, y fait des ravages. Charlie, tout fraîchement sortie de l'école de police, se voit faire équipe avec un vieux de la vieille qui a pris l'habitude d'épuiser ses nouveaux collègues au bout d'une semaine.

Si le couple de flic est des plus classiques, on ne peut pas en dire autant du récit qui scotche littéralement le lecteur. Les personnages parcourent une ville comme à l'abandon et traînent des casseroles psychologiques. Charlie, le jeune et jolie flic, n'y échappe pas. L'ambiance est particulièrement anxiogène et le chemin pris par la jeune femme semble aboutir à une impasse.

Le duo de scénariste réussit à nous subjuguer par l'horreur de leur récit et le dessinateur offre une nouvelle palette de son talent avec quelques cases très précises dans le trait et aussi dans les détails.

Attention, si vous lisez cet album, vous risquez de tomber dans sa toile et ne plus pouvoir en sortir.

 

Conquêtes - Tome 2 : Deluvenn - note : 8/10

La nouvelle série thématique de Soleil s'attaque à un sujet assez classique de la science-fiction : l'invasion humaine de planètes extrasolaires. Un sujet des plus classiques mais dont cette série s'attache à traiter de façon originale.


© Soleil 2019.

 La planète Terre étant devenue inhabitable, cinq colonies (germanique, méditerranéenne, asiatique, américaine  et russe) partent chacune à travers l'espace conquérir de nouveaux territoires. Alors que la colonie germanique est partie en direction d'Islandia (voir T1), l'empire méditerranéen a, lui, opter pour une planète à 95% recouverte par les mers, et avec une atmosphère respirable, nommée Deluvenn. À première vue, la planète semble inhabitée, même si d'anciennes ruines laissent à penser qu'une civilisation avancée a vécu sur terre comme sur mer. Mais la colonie humaine n'a plus beaucoup le choix. Les vaisseaux sont arrivés au bout de leur condition et une possibilité de retour est inenvisageable.

Nicolas Jarry est à l'initiative de cette histoire originale d'invasion de planète mais pour laquelle l'homme trouve un adversaire à sa taille. Bertrand Benoit est le dessinateur de ce deuxième tome. Il garde une certaine homogénéité dans le graphisme par rapport au premier tome. Ses krakens sont particulièrement impressionnants et l'univers développé parfaitement crédible. On flirte évidemment avec une série comme Aquablue, à l'exception que cette fois l'homme n'a visiblement pas le dernier mot.

 

Léo Loden - Tome 26 : Fugue en rave mineure - note : 8/10

Vingt-six ans que la série Léo Loden a vu le jour aux éditions Soleil et nous en sommes au tome 26. Un album par an !  Cela force l'admiration d'autant que la série a su garder sa simplicité, son humour et sa bonne humeur. Et après vingt-cing ans de bons et loyaux services, le scénariste Christophe Arleston (Lanfeust, Trolls de Troy, Ekhö monde miroir) passe le témoin à celui qui l'accompagne depuis le tome 16, Loïc Nicoloff. Une passation de pouvoir en douceur qui passe totalement inaperçue.


© Soleil 2019.

 Entre Jérôme K Jérôme Bloche et Gil Jourdan, Léo Loden est un privé "sous le soleil", qui exerce à Marseille et qui doit retrouver, cette fois, un gamin disparu depuis plusieurs jours. Un gosse de riches, délaissé par ses parents séparés et accaparés par leur boulot respectif. Difficile de comprendre cela pour Léo qui se démène entre son enquête et la garde de ses jumeaux.

Une série pêchue (et pas peuchère) dont l'humour est bien présent. Avec son côté old-school qui reste toujours présent mais qui sait faire évoluer ses personnages dans une réalité actuelle, la série n'est pas partie pour s'essouffler.

 


Les couvertures des 3 albums - © Soleil 2019.

 

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