Soleil : Orcs & Gobelins - Poisse-Sa'ar !

/ Critique - écrit par plienard, le 12/12/2018

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Les incompris de la fantasy !

Les orcs et les Gobelins sont les mal-aimés de l'héroïc-fantasy. La faute à un faciès antipathique et à un comportement loin de tout reproche. Mais ils font pourtant partie à part entière de cet univers. Et il n'est pas étrange de les retrouver dans une série Soleil, consacrée spécifiquement rien qu'à eux. Après tout, il y a bien Elfes et Nains !

Mais ne leur déplaisent et bien qu'ils ne soient pas les meilleurs amis du monde, Orcs et Gobelins vont se partager la série (contrairement aux Elfes et aux Nains). Encore une preuve de la ségrégation dont ils font l'objet. Et nous avons ici deux beaux exemples de leur communauté !

 

Tome 4 : Sa'ar - note : 7/10

Sa'ar est un gobelin des marais, vivant tranquillement dans son village, au cœur de la mangrove, à l'écart du monde. Mais il va faire le dur apprentissage de sa race où la loi du plus fort règne et la trahison une manière de vivre. Capturé par des Orcs, revendu pour du tabac, mis en esclavage par les hommes, il va réussir à s'enfuir avec Ursr et la "belle" Fa'a. Ils atterrissent dans la cité des Sang-mêlés, un ramassis  de voleurs où les gobelins font partie de la plus basse caste. Mais Sa'ar se rêvent le maître de la cité et va montrer une aptitude hors-norme. On aurait pu appeler cela de l'intelligence s'il n'avait pas été un gobelin.


© Soleil 2018.

  

Tome 5 : La Poisse - note : 6,5/10

La Poisse est un Orkelin ! Quesako ? Me direz-vous. Eh bien, c'est le croisement entre un Orc et une Gobelin. Autant dire que la vie ne doit pas beaucoup lui sourire. D'autant qu'avec un sobriquet comme le sien, La Poisse, il porte bien son nom. Touché par la malchance - un sortilège que les premiers nés mâles de la famille se passent de génération en génération comme une sale maladie - on le découvre pour ainsi dire mort dans une étrange cité. Il voit le fantôme de son grand-père et personne ne le voit, sauf quelques monstres comme sortis d'une expérience médicale ratée.


© Soleil 2018.

  

Deux récits assez différents, et qui ne produisent pas le même effet. Le premier est un récit de Nicolas Jarry pour des dessins de Paolo Deplano et Bojan Vukic. Le scénariste est à la baguette des séries Nains, Elfes ou encore Les maîtres inquisiteurs. Et les dessinateurs ont participé aux mêmes séries. Le trio baignent dans l'univers des Terres d'Arran depuis un moment et cela se voit. On retrouve ses longs monologues du personnage principal qui vous raconte sa vie, ses émotions. Une sorte de psychanalyse qui marche aussi bien avec un elfe, un nain ou un gobelin. Ceux qui apprécient les albums des autres séries sur les terres d'Arran devraient y trouver leur compte.

Pour le second récit, c'est légèrement différent. Olivier Péru en est le scénariste. Celui à qui on doit Zombies, Nosferatu ou encore Mjöllnir signe ici un récit qui reflète bien son style. En mélangeant la fantasy des Terres d'Arran avec sa fantaisie des morts vivants, on a envie de dire : c'est du Péru tout craché ! Il a ainsi la bonne idée d'embarquer son personnage d'orkelin dans un univers digne du professeur Frankenstein. Fantômes, monstres obtenus par expérience, on a ici un mélange des genres qui pourrait ne pas plaire à tout le monde. Au dessin Stefano Martino offre une belle partition qui nous plonge aisément dans cette ambiance mortuaire.

 


Les couvertures des 2 albums - © Soleil 2018.

 

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